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Rachid Ghannouchi, le leader d'Ennahda, le 27 octobre 2011, à Tunis. REUTERS/Zohra Bensemra
Rachid Ghannouchi, le leader d'Ennahda, le 27 octobre 2011, à Tunis. REUTERS/Zohra Bensemra

Tunisie: les enseignements du scrutin

Les Tunisiens ont voté le 23 octobre. Premier enseignement du scrutin, les démocrates modernistes n'ont pas réussi à mobiliser leurs électeurs. Ennahda est plus que jamais incontournable.

Mise à jour du 14 novembre: les résultats officiels définitifs des premières élections libres du 23 octobre en Tunisie ont été publiés ce jour. Le parti islamiste Ennahda arrive en tête avec 89 sièges sur les 217 de l’Assemblée Constituante, suivi par le parti de gauche nationaliste CRP (Congrès pour la République) avec 29 sièges, et le mouvement du milliardaire Hechmi Haamdi «Pétition populaire», 26 élus. Le taux de participation a été de 54,1%, soit 4 millions d’électeurs sur un corps électoral estimé à 7,5 millions. L’Assemblée constituante se réunira pour la première fois le 22 novembre dans les locaux de l’ancien Parlement à Tunis.

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Les électrices et les électeurs tunisiens ont donc fait leur choix. Mais avant d’analyser les premiers enseignements de ce scrutin historique, pour la Tunisie mais aussi pour le monde arabe, et de dégager les perspectives qui se dessinent pour la Tunisie, il convient d’abord de rappeler les principaux éléments du «résultat final provisoire» (le résultat définitif étant connu au plus tard vers la mi-novembre prochain après traitement de tous les recours).

1- Le résultat final provisoire

Au total, 3.702.627 électeurs ont voté sur un nombre total d’électeurs de 7.569.824. L’Assemblée constituante comprendra 28 listes dont 19 listes de partis (203 sièges), une liste de coalition (5 sièges) et 8 listes indépendantes (9 sièges). Le parti islamiste Ennahdha a remporté 41,47% des sièges de la nouvelle assemblée soit 90 sièges sur un total de 217. Suivent ensuite le Congrès de la République (gauche nationaliste) de Moncef Marzouki avec 30 sièges (13,82%) et la formation de Mustapha Ben Jaâfar, Ettakatol (gauche, membre de l’international socialiste) qui obtient, lui, 21 sièges (9,68%).

La grande surprise du scrutin est venue de la liste «Pétition populaire pour la justice et le développement» plus connue sur place sous le nom d’El Aridha qui a obtenu 19 sièges (8,76%) alors que six de ses listes ont été invalidées. A l’inverse, le grand vaincu de cette élection est le Parti démocratique progressiste (PDP), longtemps donné comme principal adversaire d’Ennahdha mais qui n’a obtenu que 17 sièges (7,83%). Viennent ensuite avec 5 sièges chacun (2,3%) le Pôle démocratique moderniste (Al Qotb, PDM) et le Parti El Moubadara (l’Initiative). La liste Afek Tounes, obtient quant à elle 4 sièges (1,84%) et El Badeel Etthaouri 3 sièges (1,32%). Deux partis n’obtiennent que deux sièges, il s’agit du MDS et le Mouvement des patriotes démocrates.

Enfin, les listes suivantes n’ont obtenu qu’un seul siège : Parti culturel unioniste de la nation (El Oumma), Mouvement du peuple, Parti libéral maghrébin, Liste l’indépendant, Liste la voix de l’avenir, l’Union patriotique libre, Anidhal progressiste, Anidhal social, Parti justice et équité, Chams Al Aridha, Liste pour un front patriotique tunisien, Mouvement du peuple unioniste, Liste la justice et, enfin la Liste fidélité aux martyrs.

2- Une Tunisie islamisto-conservatrice ou tout simplement désireuse d’ordre?

Comment expliquer les 42% de suffrages exprimés pour Ennahdha? Il faut d’abord relever que près de 60% des électeurs n’ont pas voté pour le parti religieux et qu’il est donc nécessaire de raison garder avant d’annoncer que la Tunisie a basculé dans l’islamisme. Pour autant, ce score ajouté à l’émiettement des autres partis politiques présents dans la nouvelle Assemblée démontre le caractère incontournable d’une formation politique sans laquelle rien ne pourra se faire dans la Tunisie de l’après-Ben Ali. En attendant, plusieurs facteurs expliquent la victoire d’Ennahda. Le premier concerne la nature d’une grande partie du peuple tunisien. Loin des images et des clichés modernistes entretenus par de nombreux médias et intellectuels occidentaux, cette partie de la population a montré qu’elle était fortement réceptive aux idées conservatrices et identitaires notamment à l’intérieur du pays. C’est sur ce conservatisme à la fois religieux mais aussi moral et politique qu’Ennahdha a capitalisé en se posant comme le garant de l’identité arabo-musulmane de la Tunisie.

«Il n’y a pas que les islamises qui ont voté pour Ennahda. Ce parti a réussi à attirer les voix de celles et ceux qui se méfient d’idées modernistes, notamment laïques, qu’ils attribuent à la volonté de l’Occident de dominer leur pays. En cela, Ennahda a su capitaliser sur le fort sentiment nationaliste des Tunisiens», explique un ancien collaborateur de Habib Bourguiba, le père de l’indépendance tunisienne.

La seconde explication concernant le succès d’Ennahda est liée au besoin de retour à l’ordre qu’éprouvent de nombreux Tunisiens depuis la chute du régime de Ben Ali. Bien entendu, rares sont ceux qui regrettent le régime ancien mais nombreux sont ceux qui supportent de moins en moins l’agitation que connais le pays depuis le mois de janvier dernier. Emeutes, grèves, «dégagisme» (contestation des responsables par leurs employés ou subordonnés), mais aussi difficultés économiques et troubles chez le voisin libyen, ont poussé de nombreux électeurs à choisir le parti qui, selon eux, représentait le meilleur moyen de revenir rapidement à la stabilité. Un choix qui peut paraître étonnant et paradoxal vu d’Occident où le choix en faveur de l’islamisme fait figure de prise de risque et d’aventurisme. Mais comme le note l’hebdomadaire Tunisien Réalités sous la plume d’Azza Turki, «dans une Tunisie postrévolutionnaire, ébranlée institutionnellement, en crise économiquement, ce parti (Ennahdha, ndlr) a offert un référentiel inébranlable et inamovible au citoyen: l’Islam. Le citoyen, à fleur de peau, s’est replié sur son identité primaire, seul repère dans cette période critique… identité que le parti islamo-conservateur a portée, entretenue et magnifiée dans ses discours».

D’autres raisons expliquent le succès d’Ennahdha parmi lesquelles une campagne menée tambour battant sur le terrain alors que nombre de ses concurrents se sont trop longtemps contentés de tenir colloque dans les hôtels de la capitale ou des grandes villes côtières avant de réaliser l’importance du porte-à-porte, des meetings et du tractage. De même, les mosquées ont offert au parti de Rached Ghanouchi un formidable porte-voix sans que les autorités tunisiennes provisoires ne soient capables d’y mettre bon ordre et de garantir la neutralité des lieux de culte. A cela s’ajoute des promesses démagogiques tenues notamment à l’intérieur du pays en direction d’une population frappée de plein fouet par la crise économique. «Ya Ghanouchi, wine rah ‘Alouchi ?», (Ghanouchi où est mon agneau pour l’aïd ?) ont d’ailleurs scandé plusieurs dizaines de personnes devant le siège national du parti à Tunis. Ces manifestants étaient persuadés qu’Ennahdha allait procéder à une distribution gratuite de moutons destinés au sacrifice de l’aïd el-adha (plus connu en France sous l’appellation «fête du mouton»).

Enfin, il ne faut pas non plus éluder les manquements à la loi électorale et les tricheries dont se seraient rendus coupables plusieurs candidats d’Ennahdha. Mobilisation des non-inscrits avec consigne de vote le jour même du scrutin, pressions musclées dans certains bureaux de vote à l’encontre des observateurs d’autres partis et distribution d’argent dans certains quartiers populaires, feraient partie des infractions rapportées à l’Instance supérieure indépendante pour les élections (Isie). «Ils pouvaient gagner sans tricher. Et si on ne proteste pas contre les irrégularités dont se sont rendus coupables les militants d’Ennahdha, ce parti va prendre de mauvaises habitudes pour les prochains scrutin», martèle Saber, un jeune militant du Parti communiste des ouvriers de Tunisie (Pcot) qui, bien avant la proclamation des résultats, s’est déplacé avec près de deux cent autres militants de son parti pour clamer sa colère devant le siège de l’Isie.

3- Les deux erreurs tactiques des démocrates modernistes

Le constat est simple: tous les démocrates ont perdu l’élection. Formulée ainsi, cette constatation ne va certainement pas plaire en Tunisie, notamment au sein des partis qui comme le CPR ou Ettakatol s’en sortent plutôt bien. Mais que représentent leurs centaines milliers de voix (chacun) quand Ennahda frôle les 1,5 millions d’électeurs? A ce sujet, ouvrons juste une parenthèse pour relever que le choix d’un scrutin à la proportionnelle s’est finalement avéré judicieux car il a permis de limiter la déferlante islamiste. De même, de nombreux adversaires d’Ennahda relevaient la semaine dernière qu’il était heureux que le scrutin ait concerné la mise en place d’une Assemblée constituante et non pas des législatives normales voire une élection présidentielle. «Imaginez un scrutin à la majorité simple en deux tours pour des législatives. On serait dans un scénario où Ennahda aurait obtenu bien plus de sièges que le Front islamique du salut algérien en 1991» commente, sous le sceau de l’anonymat, un membre de l’Isie.

Défaite tactique

Mais revenons aux formations démocrates, souvent désignés par les termes «modernistes» parfois même «progressistes». Leur défaite tactique est symbolisée par la déroute du Parti démocratique progressiste (PDP). Il y a encore dix jours, cette formation apparaissait comme le premier adversaire des islamistes. Soutenu par une grande partie de élites et de la bourgeoisie tunisienne, d’essence nationaliste mais ouvert aux idées économiques libérales, le PDP a finalement commis deux erreurs majeures, imité en cela par d’autres formations telles que le Pôle démocratique moderniste (PDM). La première erreur concerne le choix fait quant à une approche «clivante» de la campagne électorale. En bipolarisant son discours contre Ennahda par le biais d’une dénonciation de la menace islamiste, le PDP s’est engagé dans un combat où il était loin d’avoir l’avantage.

«Les islamistes ont réussi à nous attirer sur leur propre terrain, celui de l’identité religieuse de la Tunisie. Du coup, pour beaucoup de Tunisiens nous sommes devenus, ainsi que d’autres partis démocratiques, des ‘anti-islam’. Le piège s’est refermé sur nous» reconnaît un membre du team électoral du PDP qui avoue «avoir perdu le sommeil depuis la proclamation des résultats provisoires».

Pourtant, il existait une alternative en matière de discours électoral. Dans une situation économique des plus catastrophiques, le PDP, comme le PDM ou les autres partis démocratiques, aurait pu faire campagne sur l’économie, sur l’urgence de créer des emplois et d’attirer des investisseurs étrangers sur la durée. Mieux, c’est dans ce domaine qu’Ennahda aurait pu être déstabilisée en tant que parti dont la doctrine économique est floue et plutôt proche du néolibéralisme. Au lieu de cela, le débat électoral a trop souvent tourné autour de la religion, de la langue arabe, de l’identité tunisienne, thèmes où le discours des islamistes est très bien rodé, étant fait à la fois de dénonciation de démocrates jugés trop influencés par l’Occident et de recours systématique à des citations coraniques. La critique vaut aussi pour le PDM, dont certains militants ont semblé oublié la sociologie de leur pays. «Aborder la question de la laïcité de manière tonitruante a certainement indisposé nombre d’électeurs qui auraient pu nous être favorables. Ça a peut-être fait plaisir à nos amis de Saint-Germain mais, tactiquement, cela nous a coûté cher», avoue en privé l’une des figures principales du PDM.

Avec la bipolarisation du débat politique, l’autre grande erreur des démocrates est liée à leur incapacité de s’unir pour faire bloc face à Ennahda. «La division des démocrates a conduit à la dispersion des voix», relève Séverine Labat, chercheuse au CNRS et présente à Tunis pour suivre de près le scrutin. Pour cette spécialiste de la Tunisie et, de façon plus générale, de l’islamisme politique, «cette division est à mettre au passif de la bataille fatale des égos entre les leaders des grandes formations démocratiques». Une réalité confirmée par plusieurs cadres du PDP, du PDM ou même d’Ettakatol. «Durant les dernières semaines de la campagne, nos chefs ne se parlaient plus. Il fallait jouer les intermédiaires» confirme un membre d’Ettakatol. Mais il ne s’agit pas de simples rivalités de cour d’école comme les ont trop souvent présentées les médias tunisiens. En réalité, comme l’explique Séverine Labat, ces leaders «jouaient déjà le coup d’après en se positionnant à la fois pour la présidence de l’Assemblée constituante puis pour l’élection présidentielle». Une lutte d’influence qui devrait peser dans les prochaines semaines sur la constitution d’un front uni face aux islamistes au sein de la Constituante.

«Il est nécessaire que les démocrates s’unissent», avertit Séverine Labat. «Mais il faut aussi qu’ils soient soutenus à l’intérieur comme à l’extérieur y compris par la France. Les démocrates doivent se sentir aidés par les pays occidentaux dont certains donnent l’impression qu’ils ne parient désormais que sur Ennhadha. Or, je récuse l’idée d’une débâcle des démocrates. Ennahda n’a que 40% des sièges. Rien n’est encore joué. On ne peut prendre la responsabilité de prophétiser la défaite inéluctable du camps démocrate tant qu'il n'a pas encore livré bataille».

4- CPR et Ettakatol, une stratégie risquée ?

Si le PDP et le PDM font figure des deux grands perdants du camp démocrate, les commentaires et les jugements sont plus nuancés concernant les deux autres formations non islamistes que sont le Congrès pour la République (CPR, 30 sièges) et Ettakatol (21 sièges). Contrairement au PDP et au PDM, ces deux partis ont évité d’attaquer de front Ennahdha, semblant même disposés à siéger dans un gouvernement d’union nationale qui serait dominé par les islamistes. Cette stratégie de non-diabolisation et de non-belligérance a donc été payante mais elle vaut à ces deux formations nombre d’accusations de la part des autres démocrates. CPR et Ettakatol sont ainsi critiqués pour avoir lézardé la nécessaire union sacrée des démocrates face aux islamistes. Ils sont aussi mis en cause pour leur «naïvité» face à Ennahdha qui trouverait en eux des «démocrates utiles» afin de ne pas effaroucher les pays Occidentaux mais aussi les Tunisiens et les Tunisiennes qui se méfient d’eux. Ainsi, circule en Tunisie, une thèse qui veut que nombre de militants d’Ennahdha auraient reçu des instructions de vote en faveur de ces deux formations, le but étant de favoriser l’émergence de démocrates dociles pour la suite des événements.

«C’est insultant. Les Tunisiens ont voté pour nous parce que nous avons refusé la bipolarisation entre islamistes et non-islamistes. Nous refusons que le champ politique soit résumé à cela ce qui ne fait pas de nous des béni-oui-oui d’Ennahda» s’insurge un proche de Moncef Marzouki, le leader du CPR. De fait, il est évident que nombre des électeurs de cet opposant historique à Ben Ali ont apprécié sa campagne de proximité anti-bling-bling et de dénonciation de la persistance de l’ancien régime dans nombre d’institutions tunisiennes mais aussi à travers de nombreuses listes électorales. Cette position vaut au CPR des accusations récurrentes de populisme d’autant que son discours électoral s’est beaucoup attaqué à la corruption sous Ben Ali. De fait, le «Mo’ttamar» (congrès) de Marzouki a mis en cause de manière plus ou moins explicite les compromissions des classes aisées tunisiennes avec la mafia qui entourait l’ancien président tunisien. Une dénonciation qui, par ricochet, a fait du mal aux partis modernistes tels que le PDP ou le PDM, très soutenus par les élites des grandes villes côtières.

Refus de diabolisation

De son côté, Ettakatol, s’est inscrit dans une ligne qui n’est pas sans rappeler la position du Front des forces socialistes algériens (FFS) face aux islamistes de l’ex-FIS c’est à dire une opposition mais avec refus de diabolisation.

Cette option «cohabitationniste» ou «dialoguiste» est un fait majeur dans la grande famille social-démocrate (Ettakatol est proche du Parti socialiste français). Pour autant, l’instant de vérité et le retour au réel ne vont pas tarder à s’imposer pour Ettakatol tout autant que pour le CPR. Quelle sera la position de ces deux partis quand Ennahdha va tenter de faire adopter des dispositions contraignantes pour les libertés individuelles ou, plus encore, pour le droit des femmes (ce sera certainement le cas pour le droit à l’avortement ou pour l’interdiction de la polygamie)? Quelle sera leur position si Ennahdha cherche à réformer en profondeur l’éducation tunisienne au profit de programmes plus influencés par la religion? Ettakatol et CPR ne pourront plus alors tergiverser. Il leur faudra accepter d’avaler des couleuvres ou bien faire alliance avec le PDP et le PDM en s’inscrivant dans une opposition plus frontale. Au risque de perdre des voix pour les prochaines élections…

5- Le cas Al Aridha ou de l’importance de posséder une télévision

Dix-neuf sièges, des listes invalidées (alors que certaines sont arrivées en tête notamment à Sidi Bouzid, cœur de la révolution tunisienne), des militants qui s’attaquent au siège d’Ennahda (toujours à Sidi Bouzid), un leader qui annonce le retrait de son parti de l’Assemblée puis qui se ravise… Le moins que l’on puisse dire, c’est que la Pétition populaire pour la justice et le développement ou bien encore Al Aridha est la grosse surprise de ce scrutin. Jusqu’à la veille du scrutin, personne n’imaginait que cette formation dirigée de l’étranger par Hachemi Hamdi, homme d’affaires (originaire de Sidi Bouzid) installé en Grande-Bretagne et propriétaire de la télévision Al Mustaqila (l’indépendante) dépasserait le PDP et rivaliserait avec Ettakatol.

Mouton gratuit pour l’Aïd

C’était sans compter sans l’impact d’une télévision, très regardée dans la Tunisie de l’intérieur, qui, jour après jour, a promis qu’Al Aridha raserait gratis (couverture santé universelle, 100 euros distribué à chaque chômeur, mouton gratuit pour l’Aïd, transport gratuit pour les plus de cinquante ans,…).

A cela s’ajoute le fait que Hachemi Hamdi, un ancien militant d’Ennahda qui a ensuite fait allégeance à Ben Ali au début des années 2000 – sa télévision a défendu la candidature de l’ex-président aux élections de 2004 et 2009 -, a aussi bénéficié des réseaux et des clientèles du Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD, dissous), l’ex-parti du pouvoir. Qualifié de «serial retourneur de veste» par le quotidien La Presse de Tunisie, Hachemi Hamdi est loin de laisser indifférent. L’homme fait même l’objet de railleries puisqu’il prétend qu’il ne rentrera en Tunisie que pour occuper le fauteuil de président de la République…

Autant d’éléments qui incitent nombre de ses compatriotes à tirer d’ores et déjà des enseignements pour les prochaines élections. Faudra-t-il ou pas interdire les listes soutenues par des télévisions notamment installées à l’étranger? Si oui, comment le faire et comment empêcher qu’une autre Al Mustaqila ne vienne perturber le scrutin. De même, comment faire pour empêcher que les ex-RCD puissent faire de l’entrisme dans une liste dite «indépendante». A cela s’ajoute une question majeure: comment va se positionner Al Aridha ? Fera-t-elle alliance avec les démocrates ou bien, au final, avec Ennahda sachant que Hachemi Hamdi a été le bras droit de Ghanouchi à la fin des années 1990 avant de se brouiller avec lui? Forte de 19 sièges, la Pétition populaire pour la justice et le développement a les moyens de faire monter les enchères et de bien monnayer ses sièges…

Akram Belkaïd de Tunis

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Akram Belkaïd

Akram Belkaïd, journaliste indépendant, travaille avec Le Quotidien d'Oran, Afrique Magazine, Géo et Le Monde Diplomatique. Prépare un ouvrage sur le pétrole de l'Alberta (Carnets Nord). Dernier livre paru, Etre arabe aujourd'hui (Ed Carnets Nord), 2011.

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