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Grève

Les stations-service de Tunis ont été prises d'assaut lundi, des Tunisiens craignant une pénurie de carburant à l'approche de l'Aïd al-Adha en raison d'une grève de trois jours des transporteurs routiers, finalement reportée à début octobre, ont constaté des journalistes de l'AFP.

De longues queues de véhicules se sont formées dès la nuit de dimanche à lundi devant plusieurs stations-service à Tunis et en banlieue après l'annonce par la Fédération générale du transport, qui relève de la centrale syndicale UGTT, d'un arrêt de travail jusqu'à mercredi, soit la veille de la fête religieuse musulmane de l'Aïd al-Adha.

"Dans deux heures nous n'aurons plus d'essence (...). Depuis hier nous travaillons, personne n'a dormi", a assuré à l'AFP Elyès Na'ass, gérant d'une station-service du centre de Tunis.

D'autres stations ont fermé à la mi-journée en raison de citernes vides.

Alors que l'Aïd al-Adha est traditionnellement une période de grande affluence sur les routes -de nombreux Tunisiens regagnant leur ville d'origine pour l'occasion--, l'UGTT a finalement annoncé lundi en fin de journée le report de la grève au 5-7 octobre, à l'issue d'une réunion avec des représentants de l'Utica, la principale organisation patronale.

"Nous n'avons pas fait exprès de faire la grève en cette période", s'était auparavant défendu Moncef Ben Romdhane, secrétaire général de la Fédération générale du transport, expliquant à l'AFP que les transporteurs réclamaient "une augmentation salariale de 6% décidée depuis mai 2014".

Khalil Ghariani, membre du bureau exécutif de l'Utica avait de son côté critiqué une grève "déplacée qui a suscité une sorte de panique chez les gens, alors que la table du dialogue est ouverte pour trouver une solution".

Depuis la révolution de 2011, grèves et sit-in se sont multipliés en Tunisie, sur fond de contexte économique morose. La semaine passée, les instituteurs ont observé une grève de 48 heures, deux jours à peine après la rentrée scolaire, pour réclamer l'amélioration de leurs conditions salariales.

Le nouveau gouvernement, entré en fonctions début 2015, a dit à maintes reprises ne pas avoir les moyens de répondre aux revendications sociales.

 

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