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Après le putsch, le Burkina dans l'attente d'une sortie de crise

Les protagonistes de la crise au Burkina Faso se retrouvent dimanche à Ouagadougou pour dévoiler les grandes lignes du plan de sortie de crise, née du coup d'Etat du 17 septembre, devant permettre le "retour" des institutions en place avant le coup de force du général Gilbert Diendéré.

Dirigée par la Communauté économique des États d'Afrique de l'Ouest (Cédéao), la médiation a donné rendez-vous ce dimanche à 10H00 locales et GMT pour présenter son projet d'accord, après avoir multiplié les négociations marathon avec les acteurs de la vie politique et civile au Burkina depuis plus de 48 heures.

L'annonce doit être faite à l'hôtel Laico à Ouagadougou, par le président sénégalais Macky Sall, président en exercice de la Cédéao, assisté du représentant de l'ONU en Afrique de l'Ouest Mohamed Ibn Chambas. Le général Diendéré - un proche du président déchu Blaise Compaoré - des représentants de la classe politique et la société civile doivent également être présents. 

En pointe dans le soulèvement populaire contre le président Compaoré en 2014, le mouvement "Balai citoyen", a appelé dimanche à un rassemblement sur la place de la Révolution dans le centre de la capitale pour "maintenir la pression" jusqu'au moment de l'annonce du plan de sortie de crise des médiateurs. 

Mais des soldats à bord de pick-up ont été positionnés pour éviter tout rassemblement aux abords de cette place, épicentre de la contestation qui avait conduit à la chute du président Compaoré après 27 ans au pouvoir. 

Le "Balai Citoyen" a ensuite appelé ses membres à se rendre directement devant l'hôtel Laico, où, à proximité, des Burkinabé se massaient devant un magasin pour y acheter des unités pour leurs compteurs-électriques.

- Vers un retour du président de la transition? -

C'est dans un climat tendu que la présidence sénégalaise, qui conduit au Burkina Faso la médiation de la Cédéao, avait annoncé la veille avoir travailler sur un scénario "qui pourrait très fortement conduire au retour" du président de la transition Michel Kafando.

M. Sall, son homologue béninois Thomas Boni Yayi et le général putschiste Gilbert Diendéré s'étaient enfermés à trois samedi "pour des consultations décisives sur un schéma de sortie de crise qui pourrait très fortement conduire au retour du président Kafando", selon la présidence sénégalaise.

"Tous les acteurs vont se réunir demain matin pour lancer la bonne nouvelle au monde entier", avait affirmé M. Boni Yayi, samedi soir.

Le président béninois a laissé entendre lors d'une réponse entrecoupée - "Oui, oui, au retour dans la Transition" - que cette "bonne nouvelle" pourrait être "un retour" aux institutions en place avant le coup de force du Régiment de Sécurité Présidentielle (RSP), soulignant que le général Diendéré "a le sens des responsabilités".

Le général Diendéré s'est aussi montré rassurant samedi soir, déclarant: "Je n'ai jamais dit que j'allais conserver le pouvoir".              

- Un dimanche pas ordinaire -

Dimanche matin, Ouagadougou s'est réveillée sous un soleil radieux avant que la journée ne se couvre de grisaille. Comme chaque dimanche, ses habitants se rendent à l'église alors que les marchés de la capitale s'ouvrent aux chalands.

La nuit a été calme, après qu'un peu partout à travers le Burkina Faso, des habitants, souvent des jeunes, ont érigé des barrages routiers et brûlé des pneus, paralysant la circulation et le pays pour mettre la pression sur les putschistes.

Le 17 septembre, des hommes du RSP ont renversé les institutions de transition du Burkina Faso, avec à leur tête le général Diendéré.

Très proche de Compaoré dont il a été pendant des années le chef d'état-major personnel et commandant du RSP, le général Gilbert Diendéré reproche aux autorités installées après la chute en octobre 2014 du président Compaoré d'avoir dévoyé la transition, notamment en excluant les partisans de l'ex-homme fort des prochaines élections.

L'Union africaine a annoncé vendredi la suspension du Burkina Faso ainsi que des sanctions à l'encontre des putschistes, frappés d'une interdiction de voyager et d'un gel des avoirs dans tous ses États membres.

Le Burkina Faso a connu depuis son indépendance en 1960 de nombreux coups d'État militaires. Le général Diendéré avait joué un rôle clé dans le putsch de 1987 qui avait porté au pouvoir Blaise Compaoré et s'était soldé par la mort du président Thomas Sankara.

AFP

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