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Crise

La Guinée-Bissau paraissait jeudi en passe de sortir de la crise politique avec la nomination par le président José Mario Vaz d'un Premier ministre proposé par le parti majoritaire après plus d'un mois de bras de fer entre les deux camps.

Sur proposition du Parti africain pour l'indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC, majoritaire), M. Vaz a nommé Premier ministre par décret Carlos Correia, 81 ans, un vétéran du parti, dont il est le premier vice-président, après avoir été absent de la vie politique active au début des années 2010.

La Guinée-Bissau traverse une période de turbulences politiques depuis la destitution le 12 août par M. Vaz de son Premier ministre Domingos Simoes Pereira, chef du PAIGC, en raison d'une "crise de confiance au sommet de l'Etat".

La nomination le 20 août d'un nouveau Premier ministre, Baciro Dja, avait été invalidée la semaine dernière par la Cour suprême.

La cérémonie d'investiture de Carlos Correia, qui a déjà été Premier ministre à trois reprises (1991-1994, 1997-1998 et 2008) est prévue dans la journée de jeudi.

Le président Vaz avait officiellement annoncé mercredi aux forces politiques qu'il allait confier au PAIGC le choix du Premier ministre.

Cette annonce est survenue peu après l'arrivée de l'ex-président nigérian Olusegun Obasanjo, désigné le 12 septembre comme émissaire dans cette crise par la Communauté économique des États d'Afrique de l'Ouest (Cédéao).

"Le président de la République de Guinée-Bissau vient de démontrer son amour pour son pays, son peuple et pour ses lois, y compris la Constitution" attribuant le poste de Premier ministre au parti victorieux aux législatives, s'est félicité M. Obasanjo, commentant sa décision de se conformer à l'arrêt de la Cour suprême en acceptant la démission de M. Dja.

 

- Homme de dossiers -

 

Les tensions politiques inquiètent la communauté internationale, qui a salué le retour progressif à la légalité constitutionnelle depuis l'élection de M. Vaz en mai 2014 dans cette ex-colonie portugaise d'Afrique de l'Ouest jusqu'alors en proie à une instabilité chronique.

L'armée, à l'origine de nombreux coups d'Etat, s'est engagée à rester neutre dans cette crise, avait indiqué fin août le représentant spécial de l'ONU dans le pays Miguel Trovoada, devant le Conseil de Sécurité.

Le soutien de la communauté internationale à la Guinée-Bissau, en particulier le milliard d'euros promis pour le développement du pays jusqu'en 2020 par une conférence des donateurs en mars à Bruxelles, n'est pas remis en cause, mais cela pourrait changer si s'installait "un scénario de crises à répétition, sans paix ni stabilité durable", avait souligné M. Trovoada.

Le désaccord entre MM. Vaz et Pereira, tous deux membres du PAIGC, comme M. Dja, portait notamment sur le choix du chef des forces armées, un poste-clé dans ce petit pays qui a longtemps servi de plaque tournante de la drogue d'Amérique latine à destination de l'Europe.

Ingénieur agronome diplômé de l'ancienne République démocratique d'Allemagne (RDA, ex-Allemagne de l'Est), Carlos Correia jouit d'une réputation d'homme de dossiers, "sérieux et rigoureux", qui a reçu par le passé les éloges des institutions financières internationales, telles que le Fonds monétaire international et la Banque mondiale.

Petit pays d'1,6 million d'habitants, la Guinée-Bissau a connu de nombreuses tentatives de coups d'État, réussies ou manquées, dans lesquels les militaires ont généralement joué un rôle prépondérant.

Pendant des années, l'instabilité politique et la pauvreté y ont facilité l'implantation de narcotrafiquants, sous la protection présumée de hauts responsables de l'armée.

 

 

AFP

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