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Des membres de la garde présidentielle à Ouagadougou, le 17 septembre. Photo: REUTERS/Joe Penney
Des membres de la garde présidentielle à Ouagadougou, le 17 septembre. Photo: REUTERS/Joe Penney

Revivez notre direct sur le coup d'Etat du 17 septembre au Burkina Faso

Des militaires putschistes ont pris le pouvoir en renversant le Président de transition.

Le direct Slate Afrique des évènements.

Un peu de contexte pour comprendre cette tentative de coup d'Etat:

  • Il y a un an, le 31 octobre 2014, l'ancien président Blaise Compaoré, qui dirigeait le pays depuis 1987 où il était arrivé au pouvoir après un putsch, avait été contraint de démissionner de son poste après un soulèvement populaire. 
  • Après la démission de Compaoré, un Comité national de transition (CNT) chargé des pouvoirs exécutif et législatif avait été mis en place avec l'objectif d'organiser un retour à l’ordre constitutionnel et des élections. Le diplomate Michel Kafando est nommé président de transition. Des élections législatives sont fixées au 11 octobre 2015 pour élire un nouveau président. 
  • Le Régiment de sécurité présidentielle (RSP), qui a annoncé avoir destitué le président Michel Kafando ce 17 septembre 2015 est une unité d'élite de l'armée burkinabè. C'est l'ancienne garde prétorienne de Blaise Compaoré. Les militaires de la RSP affirment agir au nom d'un Conseil national de la démocratie (CND). Un organe politique inconnu jusqu'alors.

Le général Diendéré affirme que Compaoré n'est pas lié au putsch

Le regard du dessinateur Glez sur ce coup d'Etat:

17h30. Le Président sénégalais Macky Sall condamne logiquement le coup d'Etat au Burkina, comme l'ensemble des pays de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cedeao) et les Nations unies.

16h40. C'est une question qui est sur toutes les bouches au Burkina: Blaise Compaoré a t-il un lien avec le coup d'Etat mené par des militaires? Le général Diendere, ancien bras droit de Compaoré et qui a été nommé président transitoire par la junte jeudi 17 septembre, a affirmé lors d'une interview sur la chaîne France 24 qu'«il n'avait pas été en contact avec l'ancien président» et qu'il n'a eu «aucun contact» avec lui. Une affirmation évidemment impossible à vérifier pour le moment.

Quel rôle pour Zida, l'ex-Premier ministre de transition?

Un point de vue intéressant, celui de Jeff Smith, le directeur du département Afrique du Centre Robert F. Kennedy pour les droits de l'homme. Selon lui, la tentative de coup d'Etat au Burkina «pourrait être très probablement le résultat d'un récent grand remaniement au sein de la garde présidentielle. Mais je crois que Zida (le Premier ministre de transition) conserve toujours un fort soutien parmi les dirigeants politiques du pays et peut-être que c'est un putsch organisé par lui et ses supporters.» Les propos de Jeff Smith sont à lire sur le site Sahara Reporters, souvent bien informé sur l'actualité politique du continent.

La démocratie et l'Afrique

Dans une étude indépendante menée dans 28 pays africains, plus de la moitié des personnes interrogées (52%) ont déclaré vivre dans des pays démocratiques, rapporte notre partenaire Slate Reader. Mais si l'on se penche davantage sur les conclusions de l'enquête, la notion de démocratie est parfois à nuancer: seulement 46% des personnes interrogées s'estiment "très satisfaits" ou "plutôt satisfaits" du système démocratique de leur pays. Le site Quartz note également que la perception de la démocratie est assez inégale selon les pays. Si la Namibie (72%) et le Botswana (68%) affichent un taux de satisfaction élevé, Madagascar (11%) ou le Togo (25%), le sentiment démocratique est beaucoup moins partagé. 

L'armée burkinabé nomme l'ancien bras droit de Compaoré à la présidence

11h40 (heure de Paris). La télévision nationale du Burkina vient d’annoncer que le nouveau président au pouvoir au Burkina Faso était le général Gilbert Diendéré. Un couvre-feu est décrété de 19h à 6h. Les fermières du pays ont été fermées. Le général Gilbert Diendéré a été le bras droit pendant 30 ans de l'ex-président Blaise Compaoré. 

Dans un communiqué, le président français François Hollande a dénoncé la tentative de coup d'Etat mené au Burkina. «Le président de la République condamne fermement le coup d’Etat qui a eu lieu au Burkina Faso. Il appelle à la libération immédiate de toutes les personnes arrêtées, à la remise en place des autorités de la transition et à la reprise du processus électoral», peut-on lire dans le communiqué.

Où sont le Président et le Premier ministre burkinabé retenus en otages?

Le président de transition du Burkina, Michel Kafando, et son Premier ministre Isaac Zida sont toujours retenus par les militaires de la RSP. Les deux hommes, en compagnie de plusieurs de leurs ministres, ont été séquestrés dans la soirée de mercredi au palais présidentiel. Selon un haut-gradé de l'armée, les deux hommes seraient toujours en résidence surveillée.

Les radios et les chaines tv diffusent à nouveau

09h47. Les radios et chaînes de télévision, dont le signal avait été coupé mercredi 16 septembre, diffusent à nouveau à Ouagadougou, la capitale du pays, annonce Radio France internationale à l'instant. 

Un peu de lecture

Les militaires du RSP annoncent la destitution du président Michel Kafando

09h35 (heure de Paris). Au lendemain des séquestrations du président de transition du Burkina, Michel Kafando et de son Premier ministre Isaac Zida par des militaires du Régiment de sécurité présidentielle (RSP), l'ex-garde prétorienne de l'ancien président Blaise Compaoré, le RSP et les militaires du Conseil national de transition ont annoncé la dissolution du gouvernement et la destitution de Michel Kafando. Une tentative de coup d'Etat qui intervient un mois avant les élections législatives prévues dans le pays pour tourner la page du régime de transition en place depuis la chute de Blaise Compaoré il y a un an. 

C'est un militaire de l'armée du Burkina et non du RSP qui a lu un communiqué en direct sur la télévision d'Etat, pour annoncer la dissolution du gouvernement. Cet homme en uniforme serait le lieutenant-colonel Mamadou Bamba, selon Jeune Afrique

À la Une de la presse burkinabé

Dans son éditorial de ce jeudi 17 septembre, L'Observateur Paalga, le quotidien le plus lu du Burkina, dénonce le coup de force des militaires du RSP. Extrait:

«Depuis l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014 qui a contraint Blaise Compaoré à la démission et à l’exil, c’est la quatrième fois que le RSP tente d’enrayer la marche de la Transition dont il aura été le principal souci. Mais ce coup-ci, en prenant en otage l’ensemble du gouvernement jusqu’au président Michel Kafando, en investissant la radio et la télévision nationales, en brûlant des motos à Radio Oméga, ils sont allés trop loin (...) Cette nouvelle poussée de fièvre kaki intervient en effet à seulement trois jours de l’ouverture de la campagne électorale pour la présidentielle et les législatives du 11 octobre prochain qui devaient amorcer le retour à une vie constitutionnelle normale.»

Slate Afrique

La rédaction de Slate Afrique.

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