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Des manifestants à Ouagadougou mercredi 16 septembre. Photo: REUTERS/Joe Penney
Des manifestants à Ouagadougou mercredi 16 septembre. Photo: REUTERS/Joe Penney

Que se passe t-il au Burkina Faso?

Le président Michel Kafando et le Premier ministre Isaac Zida ont été séquestrés au palais présidentiel par la garde prétorienne de l'ex-président Blaise Compaoré.

Le sort du Burkina Faso a t-il basculé mercredi 16 septembre? Les prochaines heures en diront plus, mais une tension extrême règne à Ouagadougou, la capitale, alors que le président de transition Michel Kafando, le Premier ministre Isaac Zida et deux autres ministres ont été sequestrés par le Régiment de sécurité présidentielle (RSP), la garde prétorienne de l'ex-président Blaise Compaoré. Les hommes de la RSP ont débarqué en plein conseil des ministres. Selon la BBC, le RSP retient le président Kafando et ses ministres dans le camp de Naaba koom. Des négociations seraient actuellement en cours pour obtenir leur libération.

Des élections doivent avoir lieu le 11 octobre au Burkina, dans un peu plus de trois semaines. Après ce coup de force, le processus électoral pourrait être remis en cause. Au lieu d'élections qui devaient permettre de tourner la page Blaise Compaoré, ancien leader de la nation chassé du pouvoir par la rue, l'ombre de l'ex-chef d'Etat plane toujours sur le pays.

«C’est lié au processus électoral. Le Congrès pour la démocratie et le progrès [CDP, l’ex-parti au pouvoir] n’a jamais accepté d’être exclu de la course à la présidentielle et aux législatives»confie une source.politique au quotidien Le Monde.

Ton plus dur chez L'Observateur Paalga, quotidien le plus lu de Ouagadougou, qui dénonce avec force cette tentative de putsch: "Depuis l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014 qui a contraint Blaise Compaoré à la démission et à l’exil, c’est la quatrième fois que le RSP tente d’enrayer la marche de la Transition dont il aura été le principal souci. Mais ce coup-ci, en prenant en otage l’ensemble du gouvernement jusqu’au président Michel Kafando, en investissant la radio et la télévision nationales, en brûlant des motos à Radio Oméga, ils sont allés trop loin."

Comme souvent lors des tentatives de coup d'Etat, de nombreuses radios et chaînes de télévision ont été coupées. Des tirs de sommation ont également été tirées en ville pour disperser des manifestants autour du quartier de la présidence.

Dans un texte commun, l'ONU, l'Union africaine et la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest ont condamnés "avec la plus grande fermeté cette violation flagrante de la Constitution et de la Chartre de transition", signée après le départ de Compaoré.

Slate Afrique

La rédaction de Slate Afrique.

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