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Kenya: inauguration d'un mémorial de l'insurrection des Mau Mau payé par le Royaume-Uni

Un mémorial pour les milliers de personnes tuées, torturées et emprisonnées lors de la révolte des Mau Mau au Kenya a été inauguré samedi à Nairobi où, fait rare, il a été financé par l'ex-colon britannique.

Le Haut Commissaire du Royaume-Uni au Kenya, Christian Turner, a dit que c'était "avec humilité" qu'il assistait à la cérémonie dans le parc Uhuru ("Liberté" en swahili), en plein coeur de Nairobi.

"J'espère que ce mémorial nous permettra de reconnaître et de discuter des sujets ayant trait à cette période difficile pour la Grande-Bretagne et le Kenya, et qu'il nous donnera l'occasion de tirer un trait dessus et d'aller de l'avant", a déclaré M. Turner.

"C'est la bonne ligne de conduite pour ceux d'entre vous qui ont souffert, pour la Grande-Bretagne et le Kenya, et notre relation commune," a-t-il ajouté. "Nous devons apprendre du passé."

Des drapeaux britanniques et kényans flottaient au-dessus de plusieurs milliers de vétérans Mau Mau, au moins septuagénaires, rassemblés dans le parc. La foule a acclamé M. Turner et s'est pressée pour lui serrer la main.

De nombreux anciens militants portaient encore les dreadlocks caractéristiques, désormais grisonnantes, ainsi que des t-shirts ornés du mot "héros".

Si ce monument est le fruit d'un projet mené conjointement par l'Association des vétérans Mau Mau, le Royaume-Uni et la Commission kényane des droits de l'Homme, sa facture de 124.000 euros a été entièrement réglée par Londres.

La statue représente un combattant Mau Mau reconnaissable à ses dreadlocks et son fusil artisanal, recevant un panier de nourriture des mains d'une femme. Les deux personnages évitent de se regarder: ils ne pourront dénoncer l'autre s'ils se font arrêter et torturer.

La guérilla des Mau Mau, qui revendiquaient les terres fertiles possédées par les colons blancs et auxquels les Kényans n'avaient pas accès, a terrorisé les colons britanniques entre 1952 et 1960. 

Au moins 10.000 Mau-Mau ou présumés tels ont perdu la vie - certains historiens affirment que le nombre de victimes serait deux fois plus élevé - lors de la révolte et de son implacable répression.

Des milliers de personnes furent torturées et des dizaines de milliers d'hommes et de femmes emprisonnées dans des camps entourés de barbelés. 

M. Turner lui-même a raconté que son grand-père, chef de la police kényane à l'époque, a démissionné en 1954 à cause de "l'échec de l'administration coloniale à répondre aux violences commises par les forces de sécurité."

AFP

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