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Des policiers kényans lors de l'attaque du Westgate Mall, à Nairobi, le 21 septembre 2013. Photo: REUTERS/Goran Tomasevic
Des policiers kényans lors de l'attaque du Westgate Mall, à Nairobi, le 21 septembre 2013. Photo: REUTERS/Goran Tomasevic

Comment les attaques des Shabaab ont boosté l'industrie de la sécurité au Kenya

Depuis l'attaque du Westgate mall en 2013, les firmes de sécurité privées se sont multipliées dans le pays.

Depuis quatre ans, le Kenya est aux prises avec un ennemi invisible - ou presque - qui terrorise les autorités en multipliant les attentats meurtriers et parfois spectaculaires, comme l'attaque du Westgate mall qui avait fait 67 morts en septembre 2013, où celle de l'université de Garissa dans le nord-est du pays, en avril 2015, qui s'était terminée en bain de sang (147 morts, dont une grande majorité d'étudiants). 

Ces attaques qui ont marqué la mémoire collective du pays ont aussi contribué à l'explosion de l'industrie de sécurité et surveillance au Kenya. Les firmes privées de sécurité, au nombre de 2.000 à 4.000, emploient aujourd'hui près de 300.000 personnes, selon des experts du secteur interrogés par The Guardian, ce qui en fait le plus gros pourvoyeur d'emplois dans le secteur du privé kényan. Un boom qui a aussi gagné le business des systèmes de caméras de surveillance et de contrôle d'accès. 

Dans les rues de Nairobi, «la police kényane est actuellement surpassée en nombre par les gardes de sécurités privés», affirme Edward Christopher, le directeur de l'Association de l'industrie sécuritaire au Kenya, dans un entretien accordé à l'Institut des études sécuritaires (ISS).

«3.060 Kényans ont perdu la vie entre 2010 et 2014 dans divers actes de criminalié et les anciens services de sécurité n'étaient pas aptes à faire face à ce challenge, ce qui a augmenté la demande pour les entreprises de sécurité privées», note l'ISS.

Une classe moyenne obnubilée par la sécurité

Cependant, pour m'être baladé dans les rues de Nairobi en 2010, avant l'intervention militaire de l'armée kényane dans le sud de la Somalie et le début de la vague d'attentat des Shabaab sur le sol kényan, les gardes privés, armés de kalachnikov, y étaient déjà très nombreux devant les commerces, hôtels et lieux sensibles.

Car outre la menace des Shabaab, ce qui booste l'industrie sécuritaire dans le pays est aussi l'éclosion d'une classe moyenne qui veut, de plus en plus, se mettre à l'abri des cambriolages et de la criminalité et n'hésite pas à dépenser des fortunes pour transformer son lieu de vie en mini-forteresse, à l'image des classes aisées sud-africaines qui se retranchent depuis la fin de l'apartheid dans des quartiers ultra-sécurisés. 

Les entreprises du secteur bénéficient également des appels d'offre du gouvernement. Safaricom, le numéro un du secteur des réseaux de télécommunication en Afrique de l'Est, a récemment été choisi pour mettre en place un programme de surveillance national qui inclut l'installation de caméras quasiment indestructibles reliés directement à 195 postes de police dans les villes de Nairobi et Mombasa, les deux grands centres urbains du pays. Coût de l'opération: 142 millions de dollars, selon le Business Daily, un quotidien kényan.

«Si dans de nombreuses régions du monde un tel projet aurait déclenché un tollé autour de la question de l'atteinte à la vie privée, au Kenya les critiques ont été largement mises en sourdine à cause de la peur qu'induit la tactique des Shaabab», écrit Murithi Mutiga, un journaliste kényan basé à Nairobi. 

Camille Belsoeur

Journaliste à Slate Afrique. 

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