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En Ouganda, mieux vaut se marier deux fois

Le mariage est-il un acte de foi ou bien une simple formalité administrative? C’est la question qui divise en Ouganda (pays anglophone d'Afrique de l'Est) depuis que le gouvernement a rappelé que tous les mariages célébrés dans des églises «non enregistrées» sont caducs, rapportait BBC News le 29 juin 2011.

La bombe a été lancée par un agent de l’état civil, Kyomuhendo Besereko, lors d’une formation sur «le mariage et sa conformité avec la loi» destinée à des leaders religieux du centre du pays, indique la plateforme d'information ougandaise Weinformers.net. Les mariages ne sont reconnus par la loi que lorsque le sacrement a été célébré dans des églises enregistrées devant le ministère du Culte.

Puisque le mariage civil n'est pas obligatoire en Ouganda, une union célébrée dans des lieux de culte illégaux est tout simplement inexistante.

Dans ce pays à majorité chrétienne, ce sont en priorité les églises évangéliques de la «Nouvelle naissance» qui sont touchées, soit plusieurs centaines de lieux de culte dans le pays. L’évêque Grabe Illukol, qui officie dans la région de Tororo (est de l’Ouganda) a par exemple «célébré 604 mariages en 4 décennies dans son église».

C'est pourquoi les pasteurs défendent leurs sacrements:

«Il n’y a rien de caduque –il n’est question de caducité que dans la mesure où la loi est invoquée— mais dès lors que la Bible est concernée, le mariage a eu lieu», rappelle le pasteur Joseph Serwadda, président de l’église de la Nouvelle naissance en Ouganda. Pour lui, «le mariage est une chasse-gardée de l’église».

De son côté, Juliet Luggya, une fonctionnaire chargée de l’état civil, rappelle sur BBC News:

«le mariage est une cérémonie administrative, parce qu’il touche au couple et affecte aussi les enfants qui naissent de cette union, de même que les propriétés acquises par le couple et tout ce qui dépend de lui».

Kyomuhendo Besereko estime que les pasteurs officiant dans ces églises risquent des poursuites. Juliet Luggya, de son côté, conseille vivement aux mariés de réitérer leurs vœux. Pour le meilleur et pour le pire.

Lu sur BBC News, Weinformers.net