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Soudan du Sud: la rébellion accuse l'armée de violer le cessez-le-feu

La rébellion sud-soudanaise a accusé dimanche l'armée de violer le cessez-le-feu, entré en vigueur dimanche aux termes d'un récent accord de paix, en bombardant ses positions le long du fleuve Nil-Blanc.

"La cessation des hostilités a commencé samedi minuit, mais le gouvernement l'a violé", a affirmé dimanche à Addis Abeba, Dickson Gatluak, un porte-parole de la rébellion, "ils n'ont pas l'intention de le respecter".

"Un convoi militaire - deux barges, sept canonnières - se déplace entre Bor et Panijar", dans les Etats oriental du Jonglei et septentrional d'Unité, "dès qu'ils voient nos positions sur la rive, ils bombardent", a-t-il expliqué à l'AFP.

Le porte-parole rebelle a ajouté que la rébellion allait "lundi informer l'Igad", organisation regroupant Djibouti, Ethiopie, Kenya, Ouganda, Somalie, Soudan, Soudan du Sud et ayant assuré la médiation des pourparlers sud-soudanais dans la capitale éthiopienne.

A Juba, ni le gouvernement sud-soudanais ni l'armée n'étaient joignables dans l'immédiat. L'Igad n'a pu être contactée par l'AFP et il était impossible de vérifier ces informations de manière indépendante.

Le président Salva Kiir a signé mercredi à Juba un accord de paix, ce qu'avait déjà fait le 17 août à Addis Abeba, le chef de la rébellion, son ancien vice-président Riek Machar. Cet accord, devant mettre fin à 20 mois de terrible guerre civile au Soudan du Sud, prévoyait l'entrée en vigueur d'un "cessez-le-feu" permanent dimanche à 00H00 (samedi 21H00 GMT).

Directement menacés de sanctions, MM. Kiir et Machar ont signé l'accord sous forte pression de la communauté internationale. Ils ont depuis tous les deux émis des ordres écrits à leurs troupes respectives de cesser les combats à l'entrée en vigueur du cessez-le-feu, de rester sur leurs positions et de n'agir qu'en état de "légitime défense".

La demi-douzaine de cessez-le-feu déjà conclus par MM. Kiir et Machar depuis le début du conflit, au cours d'interminables pourparlers sous l'égide de l'Igad à Addis Abeba, ont été violés dans les jours voire les heures qui suivaient.

Le Soudan du Sud, plus jeune nation du monde a proclamé son indépendance en juillet 2011 après des décennies de conflit contre Khartoum. Elle a replongé dans la guerre en décembre 2013, quand des combats ont éclaté au sein de l'armée sud-soudanaise, minée par les dissensions politico-ethniques alimentées par la rivalité entre MM. Kiir et Machar à la tête du régime.

Samedi, à quelques heures de l'entrée en vigueur du cessez-le-feu, les deux camps s'étaient accusés mutuellement d'avoir lancé de nouvelles offensives, notamment dans l'Etat pétrolier du Haut-Nil.

Le Haut-Nil, Unité et Jonglei sont les trois principaux champs de bataille de la guerre civile sud-soudanaise, marquée par des massacres et des atrocités, qui a fait des dizaines de milliers de morts et chassé quelque 2,2 millions de Sud-Soudanais de leurs foyers.

La signature de l'accord avait été accueillie avec prudence et un enthousiasme limité, aucun des deux camps n'ayant montré de réelle volonté de parvenir à la paix depuis le début du conflit.

En signant, M. Kiir avait ouvertement fait part de ses réticences envers cette "paix imposée" et posé 16 "réserves" à diverses dispositions du texte, dont plusieurs concernant le crucial mécanisme de partage du pouvoir avec la rébellion.

Côté rebelle, plusieurs puissants chefs militaires ont récemment fait sécession et rejeté par avance tout accord de paix signé par MM. Kiir et Machar.

Les observateurs s'interrogent par ailleurs sur le niveau réél de contrôle qu'exerce chacun des deux chefs sur leurs troupes respectives, de nombreuses milices tribales, plus ou moins autonomes, étant venues prêter main-forte à l'un ou l'autre camp.

La communauté internationale entend maintenir la pression sur MM. Kiir et Machar. Le Conseil de sécurité avait appelé vendredi à un cessez-le-feu immédiat et permanent au Soudan du Sud et brandi la menace de sanctions.

Les Etats-Unis ont déposé au Conseil de sécurité de l'ONU un projet de résolution prévoyant un embargo sur les armes et des sanctions "ciblées" (gels d'avoir et interdiction de voyager) en cas de non-respect de l'accord.

AFP

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