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Burundi: Nkurunziza appelle

Le président burundais Pierre Nkurunziza, qui vient d'entamer un troisième mandat controversé ayant plongé son pays dans une grave crise émaillée de violences, a appelé mercredi la population du Burundi à participer à la "destruction" des groupes armés actifs notamment à Bujumbura.

Dans un discours radio-diffusé en kirundi, annonçant le programme de son nouveau quinquennat, il a annoncé que les Comités mixtes de sécurité, mis sur pied en 2014 et réunissant au niveau local représentants de la police et de la population, seraient mis à contribution.

"Il est demandé à ces Comités mixtes de sécurité de travailler jour et nuit pour que ces groupes qui ne cherchent qu'à tuer en perturbant la sécurité, surtout à Bujumbura, soient détruits d'ici deux mois", a expliqué M. Nkurunziza, appelant "toute la population à se lever comme un seul homme et à travailler avec les forces de l'ordre pour que cette promesse soit tenue".

Les adversaires du pouvoir l'accusent d'avoir détourné ces comités de leurs fonctions initiales - faire le lien entre police et population dans le cadre de la création d'une police de proximité - pour en faire des supplétifs de la police.

Ils estiment que ces Comités sont noyautés par les Imbonerakure, les membres de la Ligue de jeunesse du parti présidentiel, le CNDD-FDD, accusés d'intimider les opposants et que l'ONU a qualifiés de "milice".

"Nous allons dispenser aux Comités mixtes de sécurité des formations qui leur permettront de mieux travailler", a déclaré le président Nkurunziza. "La jeunesse va bénéficier d'une formation patriotique et civique obligatoire (...) surtout les étudiants de l'université".

"Le processus électoral est terminé", a affirmé le président, "la polémique sur notre candidature a été close le 21 juillet", date d'une présidentielle controversée, largement boycottée par l'opposition et jugée non crédible par la communauté internationale, au cours de laquelle M. Nkurunziza a été réélu au 1er tour pour un 3e mandat que l'opposition, la société civile et une partie du CNDD-FDD juge anticonstitutionnel.

Cette candidature a plongé depuis fin avril le Burundi dans une grave crise, marquée par des manifestations étouffées via une sanglante répression, et par une tentative déjouée de coup d'Etat militaire. Les violences continuent avec des attaques nocturnes contre la police et des assassinats ciblés.

"Aujourd'hui, c'est le moment de travailler pour notre pays tous ensemble, de soutenir les institutions élues et de mettre en application le programme pour lequel vous nous avez élu" a lancé le président.

Il n'a pas évoqué la poursuite du dialogue politique avec l'opposition - qui estime M. Nkurunziza illégitime - ni le gouvernement d'union nationale qu'il avait promis lors de sa campagne et de sa prestation de serment.

Le nouveau gouvernement annoncé mardi est composée de fidèles du président et dominé par des "durs" de son entourage.

AFP

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