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Les Kényans ont terminé aux trois premières places du 3.000 mètres steeple lundi 24 août à Pékin. REUTERS/Kai Pfaffenbach
Les Kényans ont terminé aux trois premières places du 3.000 mètres steeple lundi 24 août à Pékin. REUTERS/Kai Pfaffenbach

Malgré les soupçons de dopage, les athlètes kényans cartonnent à Pékin

À l'inverse, la délégation russe, elle aussi visée par des accusations, n'a pas encore décroché la moindre médaille...

Malgré les soupçons de dopage qui entourent les performances de ses coureurs, le Kenya a fêté les exploits les deux médialles d'or des siens aux championnats du monde d'athlétisme de Pékin lundi 24 août.

Les révélations de la chaîne allemande ARD et du journal britannique Sunday Times sur les pratiques de dopages généralisées au Kenya, au début de l'été, avaient provoqué un séisme au pays de la course à pied. Les deux médias ont eu accès à 12 359 tests sanguins, pratiqués entre 2001 et 2012 par la Fédération internationale d’athlétisme (IAAF). Sur plus de 5 000 athlètes contrôlés, plus de 800 ont donné des échantillons «anormaux». Parmi eux, 18 Kényans.

À lire sur Slate.fr: Le dopage serait presque généralisé dans les épreuves d'endurance d'athlétisme

Mais si les coureurs kényans, qui excellent sur les épreuves de fond, sont désormais surveillés de près, cela ne les a pas empêché de faire une razzia lundi 24 août sur le tartan de la piste du Nid d'oiseaux, le stade de Pékin où se déroule les championnats du monde 2015. Vivian «Pocket Rocket» Cheruiyot, comme la surnomme les médias kényans, a remporté haut la main l'épreuve du 10.000 mètres féminin en assommant ses concurrentes lors d'un dernier tour très rapide.

«Quelques instants plus tard, c'est Ezekiel Kemboi qui a fait l'histoire en devenant le premier athlète à gagner quatre titres consécutifs en 3.000 mètres steeple», écrit le quotidien kényan Daily Nation. Encore plus fort, le podium de la discipline affichait des couleurs 100% kényane. Après trois jours de compétition, le Kenya trône dans le haut du classement des nations avec deux médailles d'or, deux médailles d'argent et deux médailles de bronze. 

Un discours au parfum de fierté patriotique qui entre en contradiction avec ce que confiait au quotidien sportif l'Equipe un journaliste kényan lors des révélations de dopage. «Il y a eu une cassure. Désormais, les gens ne regardent plus les retransmissions de marathons, ils n’y croient plus. Moi-même, il m’est devenu difficile de travailler», expliquait Copperfield Lagat, journaliste au quotidien Daily Nation.

La Russie, autre pays au centre des accusations de dopage après les révélations de l'ARD et du Sunday Times, connaît elle un destin inverse en ces débuts de mondiaux. Pour le moment aucun athlète russe n'a décroché de médailles, alors que la fédération nationale a fait le ménage dans ses rangs avant ces championnats du monde. Lors des derniers mondiaux, en 2013, la Russie avait terminé en tête du classement des médailles. 

Camille Belsoeur

Journaliste à Slate Afrique. 

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