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Burundi: tortures

Les opposants réels ou supposés au président Pierre Nkurunziza, sont couramment victimes de torture au Burundi, frappés à coups de barres de fer ou brûlés à l'acide par les forces de sécurité, a dénoncé lundi Amnesty International (AI).

"L'usage de la torture et autres mauvais traitements contre des membres de l'opposition politique, ou supposés tels, semble se répandre et s'aggraver" au Burundi depuis qu'a éclaté fin avril un mouvement de contestation contre le 3e mandat du président Nkurunziza, finalement réélu le 21 juillet, écrit l'organisation de défense des droits de l'Homme.

Selon les témoignages recueillis par AI dans un rapport intitulé "Dites-moi juste ce que je dois avouer", tant la police que le Service national de Renseignement (SNR) multiplient les tortures: les détenus sont frappés avec des câbles électriques, matraques, barres de fer, violemment piétinés, menacés de mort ou font l'objet de simulacre d'exécution.

"Ils ont pris un bidon de cinq litres rempli de sable et l'ont attaché à mes testicules. Ils l'ont laissé comme ça pendant une heure, je me suis évanoui", a raconté une victime à AI, "puis quand je suis revenu à moi, ils m'ont fait asseoir dans une flaque d'acide de batterie".

Le rapport comprend aussi le témoignage du journaliste burundais Esdras Ndikumana, 54 ans, correspondant de l'AFP et de Radio France Internationale (RFI), arrêté le 2 août par le SNR et sévèrement battu durant deux heures.

Plusieurs témoins ont raconté avoir été contraint de faire des aveux sous la menace. "Ils m'ont dit, si tu n'avoues pas, on va te tuer", a raconté l'un d'eux à AI, "mais j'ai répondu +comment avouer puisque je ne sais rien, dites mois juste ce que je dois avouer".

Outre la torture et les mauvais traitements, AI dénonce le caractère arbitraire des arrestations et détentions et l'absence d'avocats, de médecins et de visites de proches.

Ni la police ni le SNR n'ont souhaité s'exprimer sur ce rapport.

Le président Nkurunziza, au pouvoir depuis 2005, a prêté serment le 20 août pour un 3e mandat que ses adversaires jugent contraire à la Constitution et à l'Accord d'Arusha ayant ouvert la voie à la fin de la guerre civile au Burundi (300.000 morts entre 1993 et 2006).

L'annonce de sa candidature, fin avril, a déclenché six semaines de manifestations, quasi-quotidiennes à Bujumbura, finalement étouffées par une sanglante répression. Les autorités ont également maté en mai une tentative de coup d'Etat militaire.

Malgré la réélection de M. Nkurunziza lors d'une présidentielle jugée non crédible par la quasi-totalité de la communauté internationale, la situation sécuritaire continue de se dégrader avec des attaques nocturnes contre la police et des assassinats ciblés à Bujumbura et en province.

Le 2 août, le général Adolphe Nshimirimana, homme fort de l'appareil sécuritaire burundais, a été assassiné lors d'une embuscade à la roquette à Bujumbura.

AFP

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