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Centrafrique: le chef du parti de Bozizé regagne son lieu de détention

Le secrétaire général du parti de l'ex-président centrafricain François Bozizé, Bertin Béa, arrêté le 15 août puis libéré jeudi par ses militants, a regagné volontairement son lieu de détention à Bangui, a-t-on appris lundi de source proche du parquet. 

"Le secrétaire général du Kwa Na Kwa (KNK) Bertin Béa a regagné son lieu de détention la section recherches et investigations" (SRI, de la gendarmerie), a déclaré la source.

"Le lendemain de sa libération, il se trouvait à la cathédrale où il a pris contact avec le parquet et fait part de son intention de ne pas se soustraire à la justice de son pays. C'est ainsi qu'il est reparti de lui même à la SRI", a précisé la source.

Bertin Béa, arrêté le 15 août alors qu'il allait prendre un vol pour Paris, avait été libéré jeudi dernier par des militants qui ont attaqué le tribunal de Bangui.

Lors de son audition au tribunal de grande instance de Bangui, jeudi, "plusieurs individus en moto munis d'armes sont arrivés, ont assiégé le tribunal avant de jeter une grenade lacrymogène dans le cabinet du juge d'instruction, le faisant sortir à toute vitesse. Et ils ont libéré Bertin Béa", avait indiqué une source proche du parquet.

L'avocat de Bertin Béa, Hugues Dongoyo, avait confirmé l'attaque des militants, précisant que le juge venait de faire savoir à l'intéressé qu'il avait "diffusé des informations provoquant la haine à l'égard des autorités, de nature à troubler l'ordre public", avant de le placer sous mandat de dépôt. "Quand les militants ont appris la nouvelle ils se sont opposés à ce qu'il soit déféré à la prison centrale", avait-il ajouté.

Bertin Béa avait annoncé le 7 août la candidature de François Bozizé à la présidentielle d'octobre 2015, déplorant que "tout (soit) mis en ½uvre pour barrer la route au président François Bozizé".

Le général Bozizé avait pris le pouvoir par la force en 2003, et fut renversé 10 ans plus tard, le 24 mars 2013, par une rébellion à dominante musulmane, la Séléka, ce qui plongea le pays dans la plus grave crise de son histoire depuis son indépendance en 1960. 

Il est l'objet de sanctions onusiennes pour son soutien aux milices anti-balaka, responsables de nombreuses exactions comme l'ex-rébellion Séléka au cours des violences intercommunautaires de 2013 et 2014. 

 

AFP

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