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Burundi: 4 personnes, accusées de renseigner la police, abattues

Quatre personnes, accusés d'être des informateurs de la police, ont été abattues mardi soir dans la capitale du Burundi, où se multiplient les meurtres ciblés, ont annoncé mercredi la police et des habitants à l'AFP.

"Quatre hommes ont été assassinés par balles la nuit dernière à Musaga", un quartier de Bujumbura dont la population est très majoritairement opposée au 3e mandat du président Pierre Nkurunziza, a déclaré le porte-parole adjoint de la police Pierre Nkurikiye, joint depuis Nairobi. Ils se trouvaient "dans un bistrot. Des hommes armés non identifiés sont entrés (...) et ont tiré sur eux", a-t-il expliqué.

Selon un habitant de Musaga, ils "ont été exécutés parce qu'il y avait parmi eux ceux qui collaborent avec la police et ont montré des caches d'armes". Un voisin d'un des quatre hommes tués a confirmé qu'il était soupçonné par les habitants de collaborer avec les services de renseignement.

"Dans la journée, la police avait saisi une quantité importante d'armes" dans le quartier et "des témoins ont dit que ces gens avaient été accusés d'avoir informé les policiers", a reconnu le porte-parole adjoint de la police, précisant néanmoins qu'une enquête était en cours.

Par ailleurs, dans une localité du Bujumbura rural, province qui entoure la capitale, un responsable local des Imbonerakure, la Ligue de jeunesse du parti CNDD-FDD au pouvoir, a réchappé d'une attaque à la grenade, selon un habitant ayant requis l'anonymat.

Les opposants au président Nkurunziza affirment que les Imbonerakure sont chargés des basses oeuvres du parti, s'en prenant aux adversaires du chef de l'Etat, et l'ONU les a qualifiés de "milice" agissant en toute impunité, ce que nie farouchement le camp présidentiel selon lequel il s'agit de simples militants.

Le Burundi a plongé depuis fin avril dans une grave crise politique, déclenchée par la volonté du président Nkurunziza de briguer un 3e mandat que ses adversaires jugent anticonstitutionnel. Le pouvoir burundais a maté en mai une tentative de coup d'Etat militaire et fini par étouffer un mois plus tard, par une brutale répression, six semaines de manifestations quasi-quotidiennes à Bujumbura.

Mais la violence s'est récemment intensifiée, notamment depuis la réélection controversée le 21 juillet du président Nkurunziza.

D'anciens mutins ont pris le maquis et les quartiers contestataires de Bujumbura se sont armés et organisés contre la police, laissant craindre un retour des violences à grande échelle, dans un pays à l'histoire post-coloniale jalonnée de massacres entre Hutu et Tutsi et qui se remet depuis dix ans d'une guerre civile (1993-2006).

AFP

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