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RDC: 2.000 déplacés retournent

Près de 2.000 personnes sont retournées vivre à Mutarule, une localité de l'est de la République démocratique du Congo, où une trentaine de personnes de l'ethnie Bafulero avaient été massacrées il y a un peu plus d'un an, a-t-on appris jeudi auprès des Nations Unies.

Sur 8.000 déplacés, "1960 personnes sont rentrées ce 15 août" avec l'aide des "organisations humanitaires, avec l'appui des autorités et de la Monusco (Mission de l'ONU)", a expliqué à l'AFP Simon Englebert Lubuku, porte-parole adjoint du Haut-commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR).

Mutarule est située à environ 50 km au sud de Bukavu, capitale de la province du Sud-Kivu, et tout près de la frontière avec le Burundi. Dans la nuit du 6 au 7 juin 2014, une trentaine de personnes de l'ethnie Bafulero, majoritairement des femmes et des enfants, ont été tuées à l'arme blanche et par balles. 

"Les forces congolaises et les forces de maintien de la paix de l'ONU ne sont pas intervenues pour arrêter" cette tuerie, avait dénoncé en juillet 2014 l'ONG Human Rights Watch (HRW). Martin Kobler, chef de la Monusco, avait publiquement reconnu qu'il y avait eu faute et présenté ses excuses. 

Pour l'ONU, HRW et des sources locales, les auteurs de la tuerie appartenaient aux communautés rwandophones des Barundi et des Banyamulenge. Les Barundi et les Bafulero sont en conflit pour des raisons essentiellement foncières dans la plaine de la Ruzizi depuis la période coloniale belge (1908-1960). 

"De nombreux plaidoyers ont été faits pour renforcer la sécurité, des ONG ont fait de nombreuses sensibilisations pour la cohabitation pacifique entre communautés, et d'autres mesures ont été prises en tant que préalables à leur retour", a assuré M. Lubuku. 

"Ces conditions étant réunies, les déplacés avaient décidé de retourner à Mutarule dès le 15 août", a-t-il conclu. 

Sur le plan sécuritaire, le général d'armée en poste à l'époque du massacre a été muté. En outre, "un bataillon des FARDC (armée congolaise) vient d'être installé à Mutarule ainsi qu'un camp de la Monusco", a dit à l'AFP Etienne Togera, un chef de la société civile (ONG, syndicats, associations...) de Mutarule.

Une source humanitaire juge cependant le retour prématuré, estimant qu'il règne toujours une "forte tension intercommunautaire".

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