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Sans gouvernement, la Guinée-Bissau attend la réponse du président

Les Bissau-Guinéens attendaient samedi la réponse de leur président, José Mario Vaz, à la proposition du parti au pouvoir de renommer Premier ministre Domingos Simoes Pereira, limogé il y a trois jours en raison d'une "crise de confiance" au sommet de l'État.

Cette ex-colonie portugaise d'environ 1,6 million d'habitants est dans une situation particulière: MM. Vaz et Pereira sont tous deux membres du Parti africain pour l'indépendance de la Guinée-Bissau et du Cap-Vert (PAIGC, formation historique), M. Vaz préside le pays, mais c'est M. Pereira qui préside le PAIGC.

Selon la Constitution bissau-guinéenne, le poste de Premier ministre revient au chef du parti vainqueur des législatives. Le PAIGC ayant obtenu la majorité l'année dernière aux élections parlementaires  - avec 57 députés sur 102 -, ces fonctions devraient donc être assumées par M. Pereira, soulignent en choeur analystes et responsables politiques.

Élu en mai 2014, José Mario Vaz avait nommé Simoes Domingos Pereira au poste de Premier ministre en juin. Il s'en est séparé 14 mois plus tard, dans un décret pris tard mercredi soir.

En cause, selon M. Vaz: une "crise de confiance au sommet de l'État" nuisant au "bon fonctionnement des institutions", et n'ayant pu être résolue en dépit d'efforts de conciliation des différents interlocuteurs.

Le président bissau-guinéen a cité plusieurs dossiers litigieux avec son Premier ministre, dont "la nomination d'un nouveau chef d'état-major des armées", "le manque de transparence dans l'attribution des marchés publics, la corruption, le népotisme, des obstructions à la justice".

Dès jeudi, lors d'une conférence de presse, M. Pereira avait contesté son limogeage, en rappelant les dispositions de la Constitution.

Tout en multipliant les discussions en interne sur cette crise, le PAIGC avait également indiqué qu'il allait demander la reconduction de M. Pereira à la tête du gouvernement. Ce qui a été fait, a indiqué samedi à l'AFP sa deuxième vice-présidente, Adja Satu Camara. 

"Nous avons remis vendredi la proposition de notre parti concernant le futur Premier ministre. C'est le nom du président du parti, Domingos Simoes Pereira", a déclaré Mme Camara. 

"Nous attendons la réponse du président à ce sujet. S'il le rejette, nous allons le reconduire jusqu'à l'épuisement de la procédure", a-t-elle précisé.

 

- 'Le retour du pouvoir au peuple' -

 

Samedi après-midi, les responsables du PAIGC étaient encore réunis à huis clos pour, d'après une source au secrétariat permanent du parti, réfléchir à des alternatives en cas de rejet de sa proposition.

"Nous sommes en train de définir une stratégie que nous allons adopter en cas de rejet de notre proposition", a-t-on dit, sans autres détails.

Aucune indication de délai n'était disponible concernant la réponse de M. Vaz. Jusqu'à samedi après-midi, le chef de l'État ne s'était pas publiquement exprimé sur cette proposition. Son entourage, sollicité par l'AFP, a refusé de faire des commentaires.

Selon le constitutionnaliste bissau-guinéen Ivaristo Vieira interrogé par l'AFP, "si le président Vaz rejette le nom de Domingos Simoes Pereira proposé par le PAIGC, s'ouvre alors une impasse" pour le pays, ayant accédé à l'indépendance en 1974.

"La solution de ce fait passe par le retour du pouvoir au peuple. L'Assemblée (nationale) sera donc dissoute et le président doit organiser des législatives dans les 90 jours comme stipulé dans la Constitution", a ajouté M. Vieira.

Vendredi, le président Vaz a consulté les chefs de plusieurs partis politiques - y compris M. Pereira - qui ont indiqué se conformer à la Constitution.

La crise politique en Guinée-Bissau figurait vendredi à l'agenda du Conseil de sécurité de l'ONU qui a invité les acteurs concernés à "résoudre la dispute actuelle dans l'intérêt de la paix" dans le pays, tout en invitant l'armée à ne pas intervenir.

Depuis son indépendance, la Guinée-Bissau, a connu plusieurs coups d'État - réussis ou avortés. L'instabilité politique et la pauvreté y ont facilité depuis des années l'implantation de trafiquants de drogue.

AFP

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