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Cameroun: dix personnes tuées par Boko Haram dans le nord, dont deux soldats

Dix personnes, dont deux soldats camerounais, ont été tuées dans le nord du Cameroun lors d'une attaque des insurgés islamistes nigérians de Boko Haram, a-t-on appris jeudi de sources concordantes. 

"Des membres de Boko Haram ont fait une incursion hier (mercredi) soir à Blame", une localité de l'extrême-nord proche de la frontière avec le Nigeria et du lac Tchad, a affirmé à l'AFP une source proche des services de sécurité.

Ils ont "tué deux soldats du BIR (Bataillon d'intervention rapide, unité d'élite de l'armée camerounaise) et huit civils", a ajouté cette source. 

L'information a été confirmée sous couvert d'anonymat par un officier du BIR, déployé en première ligne dans la lutte contre Boko Haram dans le nord du pays. 

Lors de leur incursion, les islamistes ont également incendié plusieurs habitations de Blame avant de se retirer au Nigeria, selon la source proche des services de sécurité. 

Un soldat camerounais avait déjà été tué et deux autres blessés dans la nuit de lundi à mardi lors d'une attaque menée par Boko Haram à Achigachia, autre localité de la région, frontalière du Nigeria. 

L'extrême-nord du pays est depuis deux ans la cible régulière de raids meurtriers et d'enlèvements des insurgés de Boko Haram.

Mais le groupe islamiste, chassé de la plupart de ses fiefs nigérians par l'intervention d'une coalition régionale lancée en début d'année, recourt désormais également aux attentats-suicides dans la région du lac Tchad. 

Après les cinq attentats-suicide - jusque-là inédits - qui ont frappé le nord du Cameroun au cours du mois de juillet, faisant une cinquantaine de morts, les autorités camerounaises ont considérablement renforcé les mesures de sécurité.

Fouilles, perquisitions et arrestations se multiplient depuis quelques jours dans différentes villes du pays, afin de prévenir le risque de nouveaux attentats.

Au Nigeria où est née l'insurrection, le nouveau président Muhammadu Buhari, qui a fait de la lutte contre Boko Haram une priorité lors de son investiture le 29 mai, a donné trois mois à ses forces armées, dont plusieurs nouveaux hauts responsables ont prêté serment jeudi, pour en finir avec les insurgés.

Les violences du groupe islamiste - qui a prêté allégeance à l'organisation État islamique (EI) - et leur répression par les forces de l'ordre nigérianes ont fait plus de 15.000 morts et 1,5 million de déplacés dans ce pays depuis 2009.

Une Force d'intervention conjointe multinationale (MNJTF), à laquelle doivent participer le Nigeria, le Niger, le Tchad, le Cameroun et le Bénin, a été mise en place pour mieux coordonner les efforts des différentes armées, qui agissaient jusque-là en ordre dispersé. Elle doit compter 8.700 hommes mais son déploiement annoncé pour fin juillet après plusieurs reports, est toujours attendu.

AFP

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