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Nigeria: au moins 47 morts dans une explosion sur un marché

Au moins 47 personnes ont été tuées et une cinquantaine blessées dans une explosion mardi sur un marché dans le nord-est du Nigeria, fréquemment visé par le groupe islamiste Boko Haram, ont indiqué à l'AFP des témoins. 

L'explosion a touché le marché hebdomadaire du village de Sabon Gari, situé à environ 135 km au sud de Maiduguri, capitale de l'Etat de Borno, à une heure de grande affluence vers 13h15 (12h30 GMT), ont indiqué ces sources. 

"Nous avons reçu 47 cadavres et au moins 50 (personnes) avec des blessures transportées depuis le marché de Sabon Gari où l'explosion a eu lieu cet après-midi", a déclaré à l'AFP un infirmier à l'hôpital général de Biu, à 50 kilomètres de là. 

Il a expliqué que les blessures étaient pour la plupart "sérieuses" et que le bilan pouvait encore s'alourdir. 

"L'explosion a eu lieu à l'intérieur du marché, dans la section téléphonie mobile", a indiqué said Yuram Bura, membre d'un groupe d'autodéfense combattant Boko Haram au côté de l'armée.

L'engin explosif "était caché dans un sac utilisé pour disperser des herbicides. Il a été introduit dans le marché et visiblement abandonné", a précisé M. Bura. 

L'explosion portait la marque de fabrique de Boko Haram, selon des témoins, le groupe islamique ayant par le passé ciblé des stations de bus, des mosquées et des églises au cours de l'insurrection sanglante qu'il a menée depuis six ans. 

"Des soldats ont été déployés sur place, et le marché a été fermé", a expliqué à l'AFP Samaila Biu, un marchand local.

"Suite à l'explosion, tout le monde a fui par peur de nouvelles attaques. Toutefois, des membres de groupes d'autodéfense et des volontaires se sont rendus sur place et ont pu évacuer les victimes", a-t-il poursuivi. 

 

Plus de 800 morts en deux mois

 

L'attaque a eu lieu deux jours après que des membres de Boko Haram ont tué quatre personnes et en ont enlevé cinq autres au cours d'une embuscade? sur une autoroute dans la zone, selon un groupe local d'autodéfense. 

Des hommes armés soupçonnés d'appartenir au groupe islamiste ont abattu huit personnes fin juillet dans un village près de Biu.

L'insurrection du groupe islamiste Boko Haram et sa répression par les forces de l'ordre nigérianes ont fait plus de 15.000 morts depuis 2009.

Une nouvelle vague de violences frappe le nord-est du Nigeria depuis l'investiture, le 29 mai, du  président Muhammadu Buhari, qui a érigé en priorité la lutte contre les islamistes. En deux mois, plus de 800 personnes y ont été tuées.

Cette vague s'est étendue au Tchad et au Cameroun voisins, touchés à leur tour, ces dernières semaines, par des attentats-suicide meurtriers inédits sur leur sol.

Muhammadu Buhari, qui a fait de la lutte contre Boko Haram une priorité de son mandat, a annoncé vendredi vouloir relancer la fabrication nationale d'armes, afin de réduire sa dépendance aux armes étrangères dans sa lutte contre les insurgés islamiste

Le président nigérian a demandé au ministère de la Défense de mettre en place un plan pour "l'établissement d'un modeste complexe militaro-industriel, pour produire localement des armes permettant de répondre à une partie des besoins des forces armées du pays".

Des milliers de Nigérians empêchés de quitter le pays 

 

La victoire de M. Buhari a déclenché une vague d'optimisme dans le pays, premier producteur africain de pétrole, qui a toutefois des problèmes difficiles à résoudre. 

L'armée clame depuis longtemps avoir été freinée par le manque d'armes adéquates, et M. Buhari, en visite à Washington le mois dernier, a estimé que le refus des Etats-Unis de fournir des armes aux troupes nigérianes en raison "de soi-disant violations des droits de l'Homme" ne faisait que profiter à Boko Haram.

Les forces de l'ordre nigérianes ont souvent été pointées du doigt par les organisations de défense des droits de l'homme pour avoir commis des exécutions sommaires et des détentions arbitraires, notamment, dans le cadre de la lutte contre les islamistes.

Le gouvernement américain ne peut légalement aider militairement un pays accusé de telles violations.

Le Nigeria tente également d'empêcher ses ressortissants d'être recrutés par les organisations terroristes étrangères. 

Près de 24.000 Nigérians, âgés de 17 à 35 ans, ont ainsi été empêchés de quitter leur pays entre entre janvier 2014 et mars 2015, ont annoncé mardi les Services d'immigration du Nigeria (NIS), pour tenter de les dissuader de rejoindre des groupes terroristes étrangers.  

"Des rapports récents ont indiqué que certains Nigérians partent pour rejoindre des groupes terroristes, particulièrement au Moyen-Orient et en Afrique du Nord", a déclaré le porte-parole du NIS, Chukwuemeka Obua.

AFP

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