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Des mini-drones pour espionner les terroristes somaliens

Les Etats-Unis viennent de vendre au Burundi et à l’Ouganda 4 drones portatifs Raven permettant de tirer à l’épaule, rapporte Wired le 27 juin 2011. Ces deux petits pays de l’Afrique australe sont engagés dans la lutte contre le terrorisme en Somalie, avec déjà 12.000 casques bleus déployés sur le terrain, ajoute le magazine.

La Somalie est embourbée dans une guerre civile qui dure depuis 20 ans et l’oppose à des groupes islamistes dont le plus puissant mené par al-Shabaab est lié à al-Qaida. Le gouvernement provisoire, soutenu par l’ONU, n’a pas réussi à installer un Etat centralisé qui fonctionne et soit reconnu dans le pays. Il ne contrôle d’ailleurs qu’une partie de la capitale, Mogadiscio.

L'Associated Press (AP) rapporte que des officiels américains, dont le chef du Pentagone Leon Paretta, estiment que la menace du groupe islamiste somalien s’accroît, celui-ci développant des liens plus étroits avec la section d’al-Qaida au Yémen. Or les Etats-Unis craignent que le leadership du groupe terroriste international ne se déplace du Pakistan au Yémen, depuis la mort d’Oussama Ben Laden. Washington n’a pas encore versé d’aide pour la lutte antiterroriste au Yémen cette année, du fait des mouvements de contestation populaire qui s’y déroulent .

Le soutien américain au Burundi et à l'Ouganda visant à développer les capacités antiterroristes des deux pays intervient à un moment où les combats en Somalie s’intensifient. Toujours selon l'AP, les officiels américains estiment que l’offensive des casques bleus rend possible la prise de portions de territoire dans la capitale somalienne et plus au Sud.

Dans ce contexte, les mini-drones sont destinés à retracer les mouvements des combattants shebab — et non pas pour tirer des missiles. Ces unités légères de reconnaissance aérienne ont l’avantage non négligeable de «passer outre l’encombrante bureaucratie militaire, incontournable pour des engins de plus grand gabarit et plus chers», rappelle Wired.

Reste à savoir si ce matériel, utilisé en Somalie pour la première fois, sera efficace. Employé en Irak, ils ont déçu. Ils se sont avérés, rapporte Wired, inadaptés pour les villes «densément construites et traversées par de "multiples signaux électriques"».

Des problèmes similaires pourraient se poser à Mogadiscio. Néanmoins, le plan du Pentagone ne se limite pas aux 4 mini-drones (dont le coût s'élève à 19 millions d’euros) et s’inscrit dans un «package» intégrant d’autres équipements militaires et des formations.

Lu sur Wired, Associated Press, BBC News