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Cameroun: 2.000 soldats supplémentaires seront déployés dans l’Extrême-Nord

Quelque 2.000 soldats supplémentaires seront déployés pour lutter contre les islamistes nigérians de Boko Haram dans la région de l'Extrême-Nord du Cameroun, en proie à une vague d'attentats-suicides ces derniers jours, a rapporté mardi la radio d'Etat.

"Près de 2.000 soldats supplémentaires seront déployés dans la région de l'Extrême-Nord", a rapporté la Cameroon Radio-Television (Crtv), sans donner de précision sur la date de ce déploiement. 

Ces renforts porteront officiellement à 8.500 le nombre de soldats envoyés dans cette région pour combattre les insurgés de Boko Haram qui y mènent depuis deux ans des raids meurtriers et des enlèvements.

Ce déploiement s'inscrit dans le cadre du renforcement des mesures de sécurité prises après cinq attentats-suicides meurtriers sans précédent en deux semaines dans l'Extrême-Nord. 

Depuis dimanche, sept personnes ont encore été tuées, dont trois décapitées, dans la région lors d'attaques menées par les islamistes. 

Les autorités de l'Extrême-Nord - ainsi que d'autres régions camerounaises - ont également interdit le port du voile islamique intégral.

Ainsi, plus de 600 voiles islamiques ont été "saisis" lundi à Kousseri, poste-frontière camerounais situé en face de la capitale tchadienne N'Djamena, selon un responsable local de la gendarmerie. 

"Nous avons saisi les voiles des femmes qui les portaient dans la rue. Il s'agit de simples voiles et de voiles intégraux", a expliqué ce responsable. 

Toujours selon cette source, la circulation des charrettes a été interdite, tout comme la mendicité et la circulation des motos dans les marchés de Kousseri, afin de prévenir le risque d'attentat.

Un peu partout dans le pays, la sécurité a été renforcée. Sur les principaux axes routiers menant à Yaoundé ou à Douala, la capitale économique, les contrôles se multiplient avec des fouilles au corps et de véhicules.

Le président nigérian Muhammadu Buhari se rendra mercredi au Cameroun pour s'entretenir avec son homologue Paul Biya de la lutte contre Boko Haram.

Cette visite "a pour but de construire une alliance régionale forte pour affronter Boko Haram", selon un porte-parole de la présidence nigériane, Garba Shehu.

Le déploiement de la Force d'intervention conjointe multinationale (MNJTF) avait été annoncé d'ici au 30 juillet. Cette force régionale a son siège à N'Djamena et doit compter 8.700 militaires, policiers et civils, fournis par le Nigeria, le Cameroun, le Tchad, le Niger et le Bénin.

De son côté l'armée tchadienne, en première ligne dans cette coalition, a lancé une vaste opération militaire sur les îles du lac, où de nombreux insurgés, affaiblis dans leurs fiefs nigérians, s'étaient repliés ces derniers mois.

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