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Barack Obama donne un discours devant les 54 chefs d'Etat africain, le 28 juillet 2015. Crédit photo: REUTERS/Jonathan Ernst
Barack Obama donne un discours devant les 54 chefs d'Etat africain, le 28 juillet 2015. Crédit photo: REUTERS/Jonathan Ernst

Obama moque les chefs d'Etats africains qui s'accrochent au pouvoir

Le président américain a prononcé un discours historique au siège de l'Union africaine mardi 28 juillet.

Jamais un président américain n'avait prononcé un discours au siège de l'Union africaine à Addis Abeba en Ethiopie. Barack Obama a réalisé cette grande première mardi 28 juillet en se présentant comme "un fils de l'Afrique" devant les 54 chefs d'Etat africains. 

Si son discours s'est révélé être plutôt classique en traitant des droits de l'homme, de la croissance ou du terrorisme, le premier président noir des Etats-Unis s'est en revanche très offensif contre les dirigeants africains qui s'accrochent au pouvoir et n'hésitent pas à modifier la Constitution pour parvenir à leur fin. Pierre Nkurunziza, le Président du Burundi, qui a récemment changé de force la Constitution nationale pour obtenir un troisième mandat à l'issue du scrutin tronqué était bien évidemment directement visé. Si son nom n'a pas été prononcé par Barack Obama, ce dernier a cité l'exemple du Burundi.
 
À lire aussi: L'ONU estime sans surprise que l'élection au Burundi n'était pas crédible
 
Voici un extrait du discours du président américain sur la question. 
"Je dois dire que les progrès démocratiques de l'Afrique sont mis à mal par les leaders qui refusent de partir quand leur mandat s'achève. Laissez-moi être honnête avec vous. Je n'arrive pas à comprendre ça. J'en suis à mon second mandat, j'aime mon travail, mais en accord avec la Constitution je ne peux pas me représenter encore une fois. Je pense actuellement que je suis un très bon président. À mon avis, je pourrais gagner si je me représentais (rire). Mais je ne peux pas le faire. La loi est la loi et personne n'est au dessus de la loi, même le président."
Avant de poursuivre en ciblant plus précisément le Burundi.
"Quand un dirigeant tente de changer les règles au milieu du jeu juste pour rester au pouvoir, il y a un risque d'instabilité et de conflit dans le pays, comme nous l'avons vu au Burundi. Et ce n'est souvent que la première étape vers un péril encore plus grand."

Camille Belsoeur

Journaliste à Slate Afrique. 

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