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Une peinture d'Obama à Nairobi, le 17 juillet 2015. REUTERS/Thomas Mukoya
Une peinture d'Obama à Nairobi, le 17 juillet 2015. REUTERS/Thomas Mukoya

Le déplacement d'Obama à Nairobi ressemble à une visite dans un pays en guerre

Les risques d'attentat contre la délégation américaine sont très élevés à Nairobi.

Les autorités américaines et kényanes ont drastiquement renforcé la sécurité à Nairobi, à la veille de la visite du président américain Barack Obama dans un pays traumatisé par les tueries des shebab, ces insurgés islamistes somaliens affiliés à Al-Qaïda."Le président américain est une cible de haute importance, donc un attentat, ou même une tentative, permettrait aux shebab d'être sur le devant de la scène", avertit Richard Tutah, expert en sécurité basé à Nairobi. 

Plusieurs centaines d'agents du "Secret service", l'agence chargée de la sécurité du dirigeant américain, sont arrivés au Kenya ces dernières semaines et ont, selon les médias locaux, passé au crible trois hôtels - le Sankara, la Villa Rosa Kempinski et l'Intercontinental.

Cette semaine, un Osprey - le très reconnaissable aéronef issu du croisement entre un hélicoptère et un avion - habituellement stationné à la base militaire américaine de Djibouti, a survolé Nairobi avec un hélicoptère blanc arborant les insignes présidentiels. "Le niveau de sécurité est suffocant", résume Abdullahi Halakhe, analyste spécialiste des questions sécuritaires dans la région.

Une limousine blindée

Le Kenya assure aussi sa part: le commandant de la police de Nairobi, Benson Kibue, a assuré mercredi que 10.000 policiers, soit près d'un quart des effectifs du pays, seraient déployés dans la capitale, et qu'une partie des grands axes de la ville seraient fermés vendredi et samedi.

L'aviation civile kényane a annoncé que l'espace aérien serait fermé 50 minutes avant l'arrivée du président américain et 40 minutes après son départ, publiant involontairement les heures exactes de son voyage. Les secrets plus ou moins bien gardés de la sécurité de cette visite de trois jours constituent une source intarissable de spéculations et de fascination des médias locaux.

"Les gadgets de la sécurité du président Obama arrivent", titre le tabloïd The Star, évoquant "une série d'équipements de communications de pointe que le président Obama utilisera dès qu'il atterrira".

Pendant son séjour, M. Obama voyagera dans une limousine surnommée "la Bête", conçue pour résister aux bombes. La voiture est une forteresse roulante à 1,5 million de dollars avec ses plaques d'acier, ses épaisses vitres blindées, ses pneus renforcés au kevlar et les poches de sang présidentiel dans le coffre.

"La Bête" est un des 60 véhicules composant la flotte présidentielle pour la visite, selon le quotidien The Standard.

Sur les lieux de l'attentat de 1998

Le coût du déplacement de Barack Obama en 2013 au Sénégal, en Afrique du Sud et en Tanzanie avait été estimé à 60 à 100 millions de dollars. Le Washington Post avait à l'époque révélé son arsenal sécuritaire, qui comprenait notamment un porte-avions stationné au large, des avions de chasse, une douzaine de limousines blindées et des vitres blindées installées dans les hôtels où il dormait.

Dans une allocution télévisée, le président kényan Uhuru Kenyatta a rappelé mercredi la menace que représentaient les shebab somaliens. "Notre pays a enduré les attaques de criminels pervers et idéologiques", a-t-il lancé. "Nous les avons combattus sans relâche et ils savent, comme nous, qu'ils vont perdre".

Le président a également rappelé la "coopération rapprochée" entre le Kenya et les Etats-Unis dans la lutte contre les shebab en Somalie - le Kenya y est engagé militairement, dans une force de l'Union africaine, l'Amisom, qui rassemble plusieurs pays et a infligé de lourds revers aux insurgés, tandis que les Etats-Unis combattent les islamistes à partir de leur base de Djibouti, essentiellement via des frappes aériennes.

La question sera "centrale" durant l'entretien des deux dirigeants, selon M. Kenyatta. 

Les shebab ont mené au Kenya des attaques de grande ampleur, comme la tuerie du centre commercial Westgate à Nairobi en 2013 (67 morts) ou celle de l'université de Garissa en avril (148 morts), qu'ils qualifient régulièrement de représailles à l'engagement kényan en Somalie. Barack Obama est le premier président américain à visiter le Kenya, patrie de son père, tout comme l'Ethiopie, également engagée militairement en Somalie, où il se rendra ensuite.

A Nairobi, il devrait se rendre sur le site de l'attentat meurtrier perpétré par Al-Qaïda contre l'ambassade américaine en 1998 (224 morts, environ 5.000 blessés).

Slate Afrique avec AFP

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