SlateAfrique

mis à jour le

Les Egyptiens de l'étranger obtiennent le droit de vote

Les Tunisiens de l’étranger ont voté le 23 octobre dernier et ont ainsi pu jouir pleinement de leur citoyenneté tunisienne. Une première pour certains! Ces images de files d’attente devant les ambassades et les consulats tunisiens ont donné des idées aux autorités égyptiennes qui ont décidé, le 25 octobre, d’octroyer le droit de vote à leurs ressortissants vivant à l'étranger. Ils sont entre 7 et 10 millions et se répartissent principalement entre les pays du Golfe, l’Europe et les Etats-Unis.

Cette décision est un geste fort quand on sait la méfiance qu’inspire la transition politique menée par le Conseil suprême des forces armées en Egypte. Dans la perspective des élections législatives prévues le 28 novembre prochain, les pronostics se multiplient. Et beaucoup voient dans le parti des Frères musulmans, dénommé parti de la liberté et la justice, le vainqueur des prochaines échéances électorales. Les présidentielles ne semblent pas à l’ordre du jour de l’exécutif actuel, à la tête duquel se trouve Mohammed Hussein Tantawi, le chef du Conseil suprême des forces armées.

«Ce droit de vote, c’est une victoire pour les Egyptiens expatriés qui appellent à une telle décision depuis fort longtemps», rappelle le quotidien égyptien Ahram Online.

Raafat Roheim, un blogueur égyptien très actif et expatrié à New-York, luttait depuis des années pour l’obtention de ce droit. Sauf qu’avant le 25 janvier 2011, le premier jour de la colère qui s'est traduit par une période de 18 jours de contestations, cette revendication ne perçait pas. Après le 25 janvier et ensuite la chute d’Hosni Moubarak, les horizons s’ouvrent et le politique devient un peu plus l’affaire des Egyptiens et pas seulement d’apparatchiks, proches de la famille Moubarak.

«En mai 2011, dans la presse égyptienne, certaines sources militaires avaient affirmé que les Égyptiens à l'étranger ne seront pas autorisés à voter, car ils peuvent vendre leurs votes. Cette déclaration nous a mis en colère et nous avons commencé à réagir et à en parler sur le réseau social Twitter, en utilisant le compte @ EgyAbroad», explique Roheim sur le site Ahram Online.

En Europe, dès le mois de janvier dernier, des Egyptiens ont commencé à se rendre dans leurs ambassades que certains avaient désertées pendant de longues années. Mais le quotidien relève que la participation des Egyptiens dans le Golfe sera certainement moins forte, non pas par manque d’intérêts, mais par respect des lois en vigueur dans ces pays qui interdisent toute activité politique.

«Les Egyptiens ne souhaitent pas avoir de problèmes qui pourraient menacer leurs emplois…», confie Hany Shehata, un ingénieur égyptien au Koweit.

Mais une interrogation demeure. La loi s’appliquera-t-elle pour les prochaines élections législatives? Le gouvernement égyptien n'a pris aucune décision sur la question.

Lu sur Ahram Online

A lire aussi

L'armée a-t-elle trahi la révolution?

Moubarak est mort, vive Mouabarak

Egypte, le péril islamiste