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Afrique du Sud: d'immenses progrès mais toujours d'énormes besoins

L'Afrique du Sud a fait d'immenses progrès contre la pauvreté mais beaucoup de Sud-Africains ressentent encore les séquelles de l'apartheid et les besoins en infrastructures restent énormes, souligne un rapport de l'OCDE paru vendredi.

Le rapport, qui suggère au gouvernement d'élargir les recettes de TVA pour financer ces investissements en infrastructures, souligne "la persistance d'un chômage élevé, en particulier parmi les Noirs".

Le manque d'emplois, souligne l'OCDE, est "un facteur clé à l'origine des fortes inégalités de revenus" qui restent la marque de fabrique du pays, plus de vingt ans après la fin du régime raciste qui excluait la majorité noire jusqu'en 1994 des villes, de l'éducation supérieure et de l'emploi diplômé.

La création d'une agence publique centralisant les offres d'emploi et les possibilités de formation serait bienvenue, notamment pour aider les nombreux demandeurs d'emploi peu qualifiés habitant les townships noirs, estime l'Organisation de la coopération et du développement économiques.

Le taux de chômage sud-africain est de 25,1% (contre 7,3% en moyenne dans les pays de l'OCDE). Il atteint 51,3% chez les 15-24 ans (15% dans l'OCDE). 

Or, pour se déplacer, une majorité de Sud-Africains n'a pas de voiture et doit marcher (21%) ou emprunter des minibus (27%) issus de l'économie informelle.

La croissance -- 2,4% par an si l'on fait une moyenne des cinq dernières années et 3,1% si l'on fait une moyenne sur quinze ans -- ne suffit pas à résorber les inégalités, insiste le rapport. 

Au contraire, les différences entre les riches provinces autour du Cap, Durban et Johannesburg, et les autres tendent à s'accroître.

Le rapport insiste sur le besoin de "réformes économiques profondes" et recommande l'adoption d'un salaire minimum national, moins élevé cependant que ne le souhaitent les puissants syndicats sud-africains.

Il pointe d'autres facteurs limitant l'essor de l'activité alors que la population augmente en moyenne de 1,5% par an depuis 2010: les grèves et le manque d'électricité. Un tiers de l'électricité est produite par des centrales qui ont plus de quarante ans.

"Des progrès sociaux ont été atteints grâce aux aides sociales et l'élargissement des services publics clés, éducation, santé, logement, eau, hygiène et électricité, soit 60% des dépenses gouvernementales", indique l'OCDE.

"Malgré ces succès, la croissance réelle du PIB a été faible, comparée aux autres marchés émergents, et l'emploi n'a pas augmenté assez vite pour absorber une demande de travail en forte expansion et pour tirer parti de la démographie", ajoute le rapport.

Et si, jusqu'à maintenant, le cadre macroéconomique solide, l'inflation contenue et le taux de change flottant ont permis à l'Afrique du Sud d'avoir la confiance des marchés financiers, l'OCDE observe une détérioration des finances publiques.

"Au vu des projections de croissance déprimées, contenir la dette publique prendra plus de temps que prévu et exigera un mélange de mesures pour accélérer la croissance, augmenter structurellement l'impôt et réduire plus agressivement la dépense" publique, écrit l'OCDE.

Le rapport de l'OCDE paraît alors que le gouvernement vient tout juste de soumettre à la consultation publique un projet de refonte du taux de TVA (14% sauf pour certains produits exemptés) qui risque de susciter une forte impopularité.

Seuls 6,5 millions de Sud-Africains ont payé des impôts sur le revenu en 2013/14 sur 35 millions de personnes en âge de travailler.

AFP

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