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Burundi: l'Ouganda poursuit sa médiation, l'opposition s'organise

Le ministre ougandais de la Défense a pris jeudi à Bujumbura le relais de son président pour tenter de dénouer la crise au Burundi, alors que l'opposition s'organise pour "chasser" le chef de l'Etat burundais Pierre Nkurunziza.

A quelques jours de la présidentielle prévue le 21 juillet, le ministre ougandais Crispus Kiyonga "vient d'arriver par avion aux environs de midi (10H00 GMT)", a déclaré le ministre burundais des Relations extérieures, Aimé-Alain Nyamitwe.

Selon un membre de la société civile, les délégations devaient se retrouver en début d'après-midi dans un hôtel de la capitale. Calendrier, modalités et ordre du jour de ces pourparlers n'étaient pas connus dans l'immédiat.

Le chef de l'Etat ougandais Yoweri Museveni, mandaté par les pays de la Communauté est-africaine (EAC) pour dénouer la crise née fin avril de la candidature du président Nkurunziza à un troisième mandat, avait reçu mardi et mercredi le camp présidentiel, l'opposition et la société civile, ainsi que deux anciens chefs de l'Etat burundais.

En quittant le Burundi mercredi après avoir obtenu des parties un engagement à négocier "sans discontinuer", M. Museveni - au pouvoir depuis 1986 - avait annoncé que son ministre de la Défense prendrait le relais.

Le temps presse d'ici à la présidentielle, que l'opposition entend boycotter, comme elle a boudé le 29 juin les législatives et communales.

Le président Museveni n'a pas indiqué si figurerait au menu des discussions un possible nouveau report de la présidentielle, déjà repoussée deux fois. L'opposition exige un report mais Bujumbura s'y refuse, arguant d'un risque de vide institutionnel à l'expiration du mandat du président Nkurunziza le 26 août.

Agathon Rwasa, principal opposant à M. Nkurunziza, a assuré qu'il n'y aurait "pas de sujet tabou", mais Pascal Nyabenda, président du CNDD-FDD, parti du chef de l'Etat, a exclu que soient évoquées le report de la présidentielle ou le troisième mandat.

- Coalition d'opposition -

Le mouvement de contestation anti-Nkurunziza a été émaillé de violences meurtrières qui ont fait plus de 80 morts depuis fin avril. 

Selon ses adversaires, un troisième mandat du président - élu en 2005 et réélu en 2010 - est contraire à la Constitution, mais aussi à l'accord d'Arusha. Ce texte signé en 2000 a permis la fin de guerre civile au Burundi, qui entre 1993 et 2006 a fait 300.000 morts.

Après près d'un mois et demi de manifestations étouffées par une brutale répression et l'échec d'un coup d'Etat militaire mi-mai, les violences se sont intensifiées ces dernières semaines, et le weekend dernier l'armée a affronté un groupe armé dans le nord du pays, dans des provinces frontalières du Rwanda et de la République démocratique du Congo (RDC).

Parallèlement au dialogue en cours à Bujumbura, des opposants et dissidents en exil ont annoncé la formation d'un Conseil national pour le respect de l'accord d'Arusha et la restauration de l'état de droit, ayant pour objectif de "faire partir" le président Nkurunziza du pouvoir, s'il le faut par la force, comme l'a expliqué mercredi sur la chaîne de télévision France 24 l'opposant Alexis Sinduhije.

Selon l'hebdomadaire The East African, cette structure regroupe également l'ex-second vice-président burundais Gervais Rufyikiri et l'ancien président de l'Assemblée nationale Pie Ntavyohanyuma, deux caciques du régime opposés au troisième mandat et exilés en Belgique depuis la fin juin, ainsi qu'Hussein Radjabu, ex-proche du chef de l'Etat tombé en disgrâce, en exil depuis son évasion de prison début mars.

Le général Godefroid Nyombare, ex-compagnon d'armes de M. Nkurunziza durant la guerre civile et chef des putschistes de mai, a indiqué "adhérer" à ce Conseil avec les membres de l'armée qu'il représente, selon un document obtenu par l'AFP.

D'importants opposants restés à Bujumbura ont signé une déclaration similaire, dont Charles Ntidije, Léonce Ngendakumana et Jean Minani, trois dirigeants de partis qui participent aux négociations en cours.

"Je soutiens cette idée que tous les opposants se retrouvent dans une même structure commune pour défendre l'accord d'Arusha", a expliqué à l'AFP M. Minani, disant vouloir "chasser le président Nkurunziza politiquement".

Interrogé sur un possible recours à la violence évoqué par M. Sinduhije, il a répondu que "chacun est responsable de ses propres propos", sans vouloir en dire davantage.

AFP

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