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 De la fumée s'élève au-dessus d'un bateau de la marine égyptienne au large de la péninsule du Sinaï, le 16 juillet 2015  AFP SA
De la fumée s'élève au-dessus d'un bateau de la marine égyptienne au large de la péninsule du Sinaï, le 16 juillet 2015 AFP SA

L'Etat islamique attaque un navire de l'armée égyptienne, une première

L'attaque a eu lieu au large des côtes du Sinaï.

La branche égyptienne du groupe Etat islamique (EI) a revendiqué jeudi une attaque au "missile" contre une "frégate" de la marine au large de la péninsule du Sinaï, son premier attentat du genre depuis le début d'une insurrection jihadiste dans le pays en 2013.

Parallèlement, les autorités ont limogé le chef de la police du Caire après l'explosion de deux voitures piégées dans la capitale, dont l'une a visé le consulat d'Italie la semaine dernière. Les attentats se sont multipliés en Egypte depuis que l'armée a destitué le président islamiste Mohamed Morsi en 2013, et ces attaques, qui visent essentiellement les forces de sécurité, ont tué des centaines de policiers et de soldats, notamment dans le nord du Sinaï.

À lire aussi: L'attaque du Sinaï est la conséquence des liens renforcés entre l'EI et ses filiales

Dans un communiqué publié sur Twitter, le groupe "Province du Sinaï", la branche égyptienne de l'EI, a affirmé  que ses combattants avaient mené une attaque au "missile guidé" contre "une frégate" de la marine en mer Méditerranée, au nord de Rafah, à la frontière avec la bande de Gaza palestinienne. Le texte est accompagné de trois photos montrant ce qui semble être un missile antichar frappant le navire, causant une large explosion.

Un nouveau mode opératoire de l'EI

L'armée avait annoncé plus tôt qu'un bateau de la marine avait pris feu lors d'affrontements entre des jihadistes et des militaires, affirmant qu'aucun soldat n'était mort dans ces violences. Un photographe de l'AFP et un témoin dans la bande de Gaza ont affirmé que le navire se trouvait à plus de 3 km de la côte lorsqu'une explosion est survenue.

Des navires de la marine égyptienne sont allés au secours de l'équipage, tandis qu'un nuage de fumée s'élevait au-dessus du patrouilleur. L'attentat de jeudi est la première attaque contre un navire de la marine revendiquée par les jihadistes de l'EI. En novembre, une vedette de la marine avait cependant été attaquée en Méditerranée dans des circonstances obscures au large de la province côtière de Damiette (nord-est).

A l'époque, l'armée avait qualifié l'attaque de "terroriste", affirmant que huit militaires étaient portés disparus, sans plus de détails.

Une escalade des attaques contre l'armée

Ces derniers jours, les jihadistes ont multiplié les coups d'éclats. Le pays a ainsi connu une série d'attaques spectaculaires, malgré les opérations à grande échelles lancées par l'armée, qui dit avoir tué plus de 1.100 "terroristes" dans le Sinaï depuis deux ans.

Le 1er juillet, dans le nord du Sinaï, les jihadistes de l'EI lançaient une série d'assauts coordonnés contre des positions de l'armée, avant de s'engager dans des affrontements sans précédent avec les militaires. L'armée avait fait état de 21 soldats tués dans ces violences.

Le procureur général Hicham Barakat était assassiné fin juin dans une spectaculaire attaque à la voiture piégée au Caire qui n'a pas été revendiquée. Il est le plus haut représentant de l'Etat à avoir été tué dans la vague d'attentats qui secouent l'Egypte depuis 2013. Et samedi, l'EI a revendiqué un attentat à la voiture piégé contre le consulat d'Italie en plein centre du Caire, une attaque qui a tué un civil égyptien et détruit en partie la façade du bâtiment. Il s'agissait du premier attentat visant une mission diplomatique depuis l'éviction de M. Morsi.

Peu de jours après cette attaque, les autorités ont limogé le chef de la police du Caire, le général Oussama Bedair. "Le ministre de l'Intérieur Magdy Abdel Ghaffar a ordonné la destitution du chef de la police du Caire, le général Oussama Bedair, et a nommé le général Khalid Abdel Aal (son adjoint) à sa place", a indiqué jeudi le ministère dans un communiqué.

Les jihadistes disent agir en représailles à la sanglante répression qui s'est abattue sur les pro-Morsi et dans laquelle plus de 1.400 personnes, en majorité des manifestants islamistes, ont été tuées. Des dizaines de milliers ont également été emprisonnés, tandis que des centaines ont été condamnés à mort dans des procès de masse expéditifs. La Cour de cassation a cependant annulé des dizaines de ces peines capitales, ordonnant de nouveaux procès.

Slate Afrique avec AFP

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