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Des soldats nigérians dans la ville de Yola, le 20 mai 2013. REUTERS/Stringer
Des soldats nigérians dans la ville de Yola, le 20 mai 2013. REUTERS/Stringer

Les femmes kamikazes, nouvelle stratégie de la terreur de Boko Haram

Trois jeunes femmes kamikazes ont fait au moins 13 morts dans le nord-est du pays vendredi 17 juillet.

Boko Haram n'a pas encore revendiqué l'attaque, mais le procédé porte sa signature. Trois jeunes filles mineures kamikazes seraient à l'origine des explosions qui ont fait au moins 13 morts à Damaturu dans le nord-est du Nigeria vendredi 17 juillet. Une frappe terroriste qui s'inscrit dans la triste continuité des précédents attentats commis par le groupe terroriste qui usent de plus en plus de femmes pour tromper la vigilance des forces gouvernementales des pays de la région.

Boko Haram a subi une série de défaites militaires dans le nord-est du Nigeria il y a quelques semaines. Mais depuis, la secte islamique se venge en semant la mort et la terreur dans la région. Après une série d'attentats menés au Tchad dans les rues de N'Djamena, la capitale, dont la dernière qui a fait 15 morts samedi 11 juillet, c'est le Cameroun qui avait été meurtri lundi 13 juillet.

Au moins 11 personnes avaient été tuées lors d’un double attentat-suicide dans la ville de Fotokol, dans l’extrême nord du Cameroun, en proie aux islamistes de Boko Haram, avait annoncé le 13 juillet une source proche des services de sécurité camerounais. Depuis deux ans, les insurgés nigérians ont multiplié raids meurtriers et enlèvements dans l’extrême-nord, frontalier du Nigeria, mais il s'agissait de leur première attaque au Cameroun. 

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Mais ce qui frappe dans ces différentes attaques, c'est le mode opératoire éminement cruel de Boko Haram. À chaque fois, le groupe terroriste agit en envoyant des femmes kamikazes (ou des hommes déguisés en femme) se faire exploser au milieu de la foule. Un soldat camerounais a raconté à l'AFP l'attentat de lundi 13 juillet exécuté à proximité d'une base militaire dans la ville de Fotokol, ville frontalière du Nigeria.

«Nous avons entendu une forte détonation. Nous avons d’abord cru à un obus tiré depuis le Nigeria par Boko Haram, mais il s’agissait d’une femme qui s’est fait exploser (...) elle se dirigeait vers le camps du BIR (Bataillon d’intervention rapide de l’armée camerounaise)», où sont basés des soldats camerounais et tchadiens, a expliqué cette source. «Quelques instants après, une autre explosion s’est produite dans des conditions similaires à environ 50 m (de la première). J’ai pu dénombrer 12 corps», dont celui de la kamikaze qui s’est fait exploser dans un deuxième temps.

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Le premier attentat qui avait secoué N'Djamena au Tchad et qui avait provoqué la mort de 33 personnes le 15 juin avait déjà été provoqué par l'explosion d'une femme kamikaze qui avait dissimulé sa ceinture d'explosif sous sa burqa. Les autorités tchadiennes avaient alors annoncé l'interdiction du port de la burqa pour prévenir de nouveaux attentats. 

"Le port de la burqa doit cesser immédiatement à compter de ce jour, non seulement dans les lieux publics et les écoles mais sur toute l'étendue du territoire", avait déclaré le chef du gouvernement tchadien lors d'une adresse aux leaders des différentes communautés religieuses à la veille du début du ramadan. Mais cette mesure est difficile à faire appliquer et c'est justement lors d'un fouille policière qu'un homme déguisé en femme et habillé d'une burqa s'est fait exploser lundi 13 juillet à N'Djamena. 

Camille Belsoeur

Journaliste à Slate Afrique. 

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