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Côte d'Ivoire: l'ex-diplomate Amara Essy, candidat

Amara Essy, ancien ministre des Affaires étrangères (1990-1999) de Côte d'Ivoire, s'est déclaré vendredi candidat à la présidentielle d'octobre avec comme leitmotiv de "réconcilier" les Ivoiriens après une décennie de crise politico-militaire.

"J'ai annoncé ma candidature", a déclaré M. Essy, joint par l'AFP par téléphone, alors qu'il venait de clore un meeting à Kouassi-Datèkro (nord-est), sa ville d'origine. "J'étais venu voir mes parents afin d'obtenir leur assentiment" pour l'élection, a-t-il commenté.

"Ma campagne est basée sur la réconciliation, car depuis quatre ans, les autorités, au lieu de cimenter le socle national, ont approfondi les divisions", a affirmé Amara Essy, 71 ans, longtemps diplomate.

"En divisant les partis politiques à droite et à gauche à coups de millions du gouvernement" pour "des raisons électoralistes", le régime a encore "divisé les populations dans les villages", a-t-il poursuivi.

Ses opposants accusent le président sortant Alassane Ouattara d'avoir provoqué des luttes internes dans deux des trois grands partis, le Parti démocratique de Côte d'Ivoire (majorité) et le Front populaire ivoirien (opposition), pour favoriser sa réélection.

M. Ouattara vise une victoire dès le premier tour en octobre prochain.

"Il y a trois maux qui minent l'Afrique: la corruption, le népotisme et l'injustice. Quand le trois sont réunis, on va vers les problèmes. Or on les retrouve tous les trois en Côte d'Ivoire", a dénoncé Amara Essy, qui dit n'avoir "aucun doute quant à (ses) chances".

"Je vais capter les voix de tous les déçus, au PDCI comme au FPI. Je pars pour être gagnant", a-t-il lancé.

La Coalition nationale pour le changement (CNC), qui regroupe des frondeurs de ces deux partis, dont l'ex-Premier ministre Charles Konan Banny, surfe sur un crédo identique. Mais ses chances de l'emporter paraissent faibles, tout comme celles de M. Essy.

La Côte d'Ivoire sort d'une décennie de crise politico-militaire, marquée par une partition du pays, dont les violences postélectorales de 2010-2011 ont constitué l'épilogue sanglant.

Plus de 3.000 personnes ont péri en cinq mois du fait du refus de l'ex-chef de l'Etat Laurent Gbagbo de reconnaître la victoire de son adversaire Alassane Ouattara à la présidentielle de décembre 2010.

M. Ouattara, doté d'un bon bilan économique, marqué par une croissance annuelle de 9%, mais critiqué pour les faibles avancées de la justice durant son mandat, est le grand favori du scrutin d'octobre, qualifié de crucial pour la stabilisation du pays.

AFP

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