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Mort de la légende du cinéma Omar Sharif

L'acteur égyptien Omar Sharif, devenu une légende du cinéma grâce à ses rôles dans "Lawrence d'Arabie" et "Docteur Jivago", est décédé vendredi au Caire d'une crise cardiaque à l'âge de 83 ans, a indiqué son agent londonien à l'AFP.

"Il est mort cet après-midi d'une crise cardiaque au Caire. Il était dans un hôpital spécialisé pour les patients atteints d'Alzheimer", a déclaré son agent Steve Kenis.

L'ex-ministre égyptien des Antiquités et égyptologue de renom, Zahi Hawwas, qui faisait partie de ses proches amis, a confirmé la mort de l'acteur légendaire dans une clinique huppée de la capitale égyptienne, où il était interné depuis un mois, affirmant que les obsèques pourraient avoir lieu dimanche.

"Son état psychologique s'était détérioré, il ne mangeait plus et ne buvait plus", a-t-il affirmé à l'AFP.

La maladie avait contraint M. Sharif à s'éloigner des plateaux en 2012, après une dernière apparition dans "Rock The Casbah", de Laïla Marrakchi, clôturant une carrière riche de plus de 70 films.

La carrière du mythique acteur avait été lancée par le réalisateur égyptien Youssef Chahine, qui le fait tourner en 1954 dans "Ciel d'enfer". Avec sa femme pour partenaire, il jouera son premier rôle occidental dans "La châtelaine du Liban" de Richard Pottier, en 1956.

Il devient une véritable vedette internationale après "Lawrence d'Arabie" (1962), qui lui vaut le Golden Globe du Meilleur second rôle. 

Né Michel Chalhoub le 10 avril 1932 à Alexandrie, dans une famille de négociants en bois précieux d'origine syro-libanaise, il fut élevé dans le rite grec-catholique melkite. Il se convertit à l'islam avant son mariage avec la star égyptienne Faten Hamama --l'icône du cinéma arabe, décédée en janvier-- avec qui il aura un fils, Tarek.

Le couple -l'un des plus glamours et les plus charismatiques du cinéma égyptien- avait par la suite divorcé en 1974 alors que l'acteur, déjà célèbre en Egypte, lançait sa carrière à Hollywood.

Cela n'avait pas empêché Omar Sharif de la décrire comme le seul amour de sa vie.

Incarnation d'un certain "éternel masculin" (titre de son autobiographie parue en 1976), l'acteur à l'élégante moustache et à la voix rauque assurera n'être plus jamais tombé amoureux et démentira la plupart des conquêtes qui lui seront prêtées.

 

- "Créateur de rêves" -

 

"Je suis dans un terrible état, je me sens perdue et impuissante, j'ai perdu l'une des meilleures personnes dans ma vie", a indiqué à l'AFP la célèbre actrice égyptienne Youssra, qui a appris la nouvelle auprès de la famille.

En Egypte, les hommages se sont multipliés. "Le créateur de rêves... la personnalité artistique arabe la plus célèbre au monde. Docteur Jivago", a écrit sur Twitter l'actrice tunisienne installée en Egypte Hend Sabry.

"Omar Sharif, adieu à une source d'inspiration pour les générations à venir", a également tweeté l'acteur égyptien Khaled el-Nabawy.

Dans un communiqué, le ministre de la Culture Abdel Wahed el-Nabawy a rappelé qu'Omar Sharif avait "offert des chefs-d'oeuvre cinématographiques (...) qui avaient enrichi le cinéma arabe". "Notre perte est immense" a-t-il ajouté.

Le chef du syndicat égyptien du cinéma Achraf Zaki a indiqué à l'AFP que le fils de l'acteur était à l'étranger. Il devrait être de retour au Caire samedi et fixer la date des obsèques.

Couronné en 2003 par un Lion d'or au festival du film de Venise pour l'ensemble de sa carrière, M. Sharif a reçu en 2004 le César français du Meilleur acteur pour "Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran" de François Dupeyron.

Polyglotte, il a surtout vécu en France, aux États-Unis et en Italie. Mais l'acteur, dont l'humour était aussi fin que le caractère ombrageux, préférait mener une vie de "nomade".

"Je suis le seul acteur au monde qui est étranger partout. J'avais ma valise, j'allais dans les hôtels" de luxe, comme "invité", racontait-il.

Rarement satisfait de ses prestations  --"Je suis content de dix secondes dans un film et de dix secondes dans un autre", disait-il --, l'acteur confiera un jour avoir tourné "beaucoup de mauvais films" par nécessité.

Car loin des plateaux de tournage, Omar Sharif était un flambeur. Joueur de bridge professionnel  -il a écrit un livre sur le sujet et des jeux vidéos portent son nom-, amateur de courses hippiques, il fréquentait assidûment les casinos pour tromper sa "solitude", disait-il.

AFP

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