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Un véhicule rebelle au Soudan du Sud. REUTERS/Stringer
Un véhicule rebelle au Soudan du Sud. REUTERS/Stringer

À Juba, le triste quatrième anniversaire de l'indépendance du Soudan du Sud

Le pays est plongé dans la guerre civile et quasiment en faillite.

La capitale du Soudan du Sud s'apprête à fêter jeudi 9 juillet les quatre ans de l'indépendance du pays, le plus jeune d'Afrique. Mais si dans les rues de Juba des ouvriers préparent les installations pour les festivités, personne n'a le coeur à faire la fête, comme le rapporte le New York Times dans un reportage sur place.

Après les espoirs de tout un peuple qui quittait enfin le joug du puissant Soudan en 2011 après une guerre interminable, le pays a replongé dans une guerre civile meurtrière depuis 18 mois. Pays parmi les plus pauvres de la planète, le Soudan du Sud vit un terrible drame humain.

Selon un rapport de l'Agence des Nations unies pour les réfugiés, publié début juin, environ 3,8 millions de personnes sur un total de 11 millions d'habitants, ont besoin d'une aide alimentaire d'urgence. Et des centaines de milliers de personnes ont été déplacées ces derniers mois dans la région du Nil Blanc où les combats entre rebelles et forces gouvernementales sont les plus violents. 

La malédiction du pétrole

Le pays est également en quasi-faillite, et les autorités ont dû faire imprimer de la monnaie au Qatar avec un taux de change très défavorable, explique le New York Times. Très peu développé, le Soudan du Sud compte par exemple moins de 100km de routes goudronnées. 

La reprise des combats fin 2013 a entraîné une chute brutale de l'exploitation pétrolière, première source de revenus du pays. La plupart des champs de pétrole sont en effet situés à la frontière avec le Soudan, là où se concentrent les combats. Selon la Banque Mondiale, "le Soudan du Sud est le pays le plus dépendant au monde des revenus tirés du pétrole." Les forces rebelles ont attaqué en mai les derniers puits de pétrole encore en activités. Le baril de pétrole, de très mauvaise qualité car non raffiné, est aujourd'hui vendu 10 dollars au Soudan. Une misère. 

Un habitant de Juba confie au New York Times que la célébration de l'indépendance du pays en 2011 était une "immense joie". Quatre ans plus tard, le tableau est bien noir au Soudan du Sud.

Slate Afrique

La rédaction de Slate Afrique.

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