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Burkina : l’armée a demandé la formation d'un gouvernement de civils

Les responsables des forces armées du Burkina Faso ont demandé vendredi la formation d'un gouvernement composé de civils, alors qu'une grave crise oppose le Premier ministre Isaac Zida à la garde présidentielle, ont indiqué samedi deux sources militaires à l'AFP.

"Nous avons rencontré le président (Michel Kafando). Tous les chefs militaires ont été unanimes pour demander le retrait des militaires du gouvernement", a affirmé à l'AFP un membre de l'état-major général des armées.

"S'il y a des gens qui gênent quelque part, il faut régler le problème pour éviter que ça touche à la cohésion et au moral de la troupe", a justifié cette source.

"Tous les chefs (militaires) qui étaient à la rencontre avec le président ont clairement dit qu'ils demandent le retrait des militaires du gouvernement", a confirmé à l'AFP un haut gradé du Régiment de sécurité présidentielle (RSP), qui a participé à la rencontre avec le chef de l'Etat.

Les relations sont tendues entre le RSP, considéré comme le bras armé de l'ex-président Blaise Compaoré - renversé en octobre par la rue après 27 ans de règne - et M. Zida, qui est pourtant le numéro 2 du RSP.

Le gouvernement burkinabè, qui comporte trois militaires outre le Premier ministre, a affirmé jeudi qu'un complot contre Isaac Zida fomenté par des membres de la garde présidentielle avait bien été déjoué dimanche dernier.

Cette thèse est battue en brèche par plusieurs officiers du régiment controversé, qui accusent M. Zida d'avoir "inventé" de toutes pièces "un faux complot contre sa personne afin de créer des troubles et de se maintenir au pouvoir".

Mais en dehors de cette mise en scène potentielle "reconnue par tous les chefs" des forces armées, le Premier ministre a "d'autres antécédents, que le haut commandement avait tu. Les gens avaient avalé. Hier ils en ont profité pour dire que ça suffit", a poursuivi le haut gradé du RSP précédemment cité.

Isaac Zida est notamment vilipendé pour avoir fait passer en juin une réforme du code militaire permettant "à titre exceptionnel" la promotion d'un lieutenant-colonel, son grade, au rang de général, ce que refusait l'état-major.

Le président Michel Kafando multiplie les tractations depuis mardi pour résoudre cette nouvelle crise.

"On s'achemine vers une sortie de crise", a affirmé à l'AFP un proche collaborateur du président, ajoutant : "c'est le président qui avait fait accepter un Premier ministre militaire. Aujourd'hui les mêmes prérogatives lui appartiennent de le maintenir ou non".

Isaac Zida avait publiquement réclamé en décembre la dissolution "pure et simple" du RSP, accusé d'être impliqué dans des assassinats politiques comme celui du journaliste Norbert Zongo à la fin des années 1990.

Mais début février, ce corps d'élite (1.300 hommes) avait provoqué une brève crise politique en exigeant déjà sa démission, le contraignant à changer d'avis.

Les autorités de transition devront rendre les rênes du Burkina Faso à un exécutif élu à l'issue de la présidentielle dont le premier tour est prévu le 11 octobre.

AFP

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