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Un citation de Carter G. Woodson, célèbre auteur de The Journal of Negro History. David via Flickr.
Un citation de Carter G. Woodson, célèbre auteur de The Journal of Negro History. David via Flickr.

Pour être un grand auteur africain faut-il écrire sur le colonialisme?

Les auteurs sélectionnés pour le prestigieux Caine Prize débattent de la question.

Le Caine Prize est habituellement un bon baromètre pour savoir quelles sont les tendances du moment de la littérature africaine et qui les écrivains en vogue. Le jury du prestigieux prix a annoncé vendredi 3 juillet sa sélection pour l'édition 2015. Les cinq auteurs retenus sont Segun Afolabi (Nigeria), Elnathan John (Nigeria), F. T. Kola (Afrique du Sud), Masande Ntshanga (Afrique du Sud) et Namwali Serpell (Zambie)

Pour l'occasion, le quotidien britannique The Guardian a mis en scène une discussion interactive entre ces écrivains et des internautes via les réseaux sociaux. L'une des thématiques de ce dialogue 2.0 était axée sur le colonialisme et le racisme.

"Faut-il forcément aborder le thème du colonialisme et de la race pour écrire une grande oeuvre africaine?", a questionné un internaute.

Une question difficile à laquelle ont tenté de répondre Masande Ntshanga et F.T. Kola, deux des auteurs sélectionnés par le jury du Caine Prize. 

"Je pense que cela dépend par ce que l'on entend par "grand"", explique Masande Ntshanga, écrivain sud-africain sélectionné pour son livre «Space», dont un extrait est disponible sur le site officiel du Caine Prize. "Cependant, si on s'en tient à une définition classique du mot, je ne me souviens pas d'un texte défini comme une grande oeuvre, qui n'a pas pris en considération soit l'expérience humaine, soit l'histoire de la région", analyse t-il. 

Pour F.T Kola, elle aussi originaire d'Afrique du Sud et auteur du roman "A Party for the colonel", tous les écrits sont influencés et colorés par les réalités politiques. "Je ne pense pas qu'un grand écrivain puisse totalement ignorer l'histoire politique de sa région. Même si ce n'est pas explicité, des traces de cela seront présentes. Donc dans ce sens, non, une grande oeuvre ne peut pas ignorer le colonialisme", confie t-elle.

Lu sur The Guardian

Slate Afrique

La rédaction de Slate Afrique.

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