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Dans un hôtel d'Asmara, en 2008 | REUTERS/Radu Sigheti.
Dans un hôtel d'Asmara, en 2008 | REUTERS/Radu Sigheti.

L'Erythrée se plaint à l'ONU en copiant-collant un document de la Corée du Nord

Dans une lettre de protestation envoyée aux Nations unies, les mentions "DPRK" et "Coréens" apparaissent malencontreusement.

Dans un rapport de 500 pages publié le 8 juin, les enquêteurs du Conseil des droits de l'hommes des Nations unies dénonçaient des «violations des droits de l’homme systématiques et à grande échelle» de la part du gouvernement érythréen sur sa propre population, conduisant près de 5.000 personnes à fuir le pays chaque mois. 

En guise de protestation, l'Erythrée, qui nie contre l'évidence toutes les accusations des enquêteurs des Nations unies, a envoyé via sa mission permanente à Génève au siège de l'ONU une note verbale datée du 19 juin à l'adresse du bureau du président du Conseil des droits de l'homme des Nations unies. 

Mais si l'ensemble du texte se révèle très classique, ses auteurs ont oublié de supprimer deux références à la Corée du Nord dans le dernier paragraphe, qui correspond très sûrement à un copier-coller d'un communiqué nord-coréen, comme l'ont remarqué plusieurs utilisateurs sur Twitter. 

Voici une reproduction ci-dessous du dernier paragraphe du communiqué érythréen, qui est disponible sur le site des Nations unies. "Les mouvements de forces hostiles qui osent provoquer le régime socialiste de DPRK (l'abréviation pour Democratic People's Republic of Korea en anglais), lequel a été choisi et consolidé par le peuple coréen, ne pourront pas échapper à une défaite honteuse", peut-on notamment lire dans la dernière phrase du document. Le texte fait aussi référence à une "confrontation avec les Etats-Unis". Le régime érythréen s'est bien trompé de guerre. 

Slate Afrique

La rédaction de Slate Afrique.

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