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Burundi: les dates-clés depuis le début de la contestation

Le Burundi traverse depuis fin avril une crise politique majeure née de la candidature du président Pierre Nkurunziza à un troisième mandat.

De nombreux affrontements ont eu lieu avec la police qui a fait un large usage de ses armes à feu. Selon une organisation burundaise des droits de l'Homme, au moins 70 personnes ont été tuées.

Élu une première fois par le Parlement en 2005, dans le cadre d'un mécanisme de sortie de la guerre civile (1993-2006) initié par les accords d'Arusha (2000), Pierre Nkurunziza l'a été une deuxième fois au suffrage universel en 2010.

- DÉBUT DES MANIFESTATIONS - PREMIERS MORTS -

- 26 avril 2015 : des milliers de manifestants se réunissent, bravant l'interdiction du gouvernement, au lendemain de la désignation de Nkurunziza par son parti, le CNDD-FDD, comme candidat à la présidentielle. Trois personnes sont tuées dans des affrontements entre manifestants et policiers, et deux lors de descentes nocturnes réalisées, selon des témoins, par des Imbonerakure (ligue de jeunesse du parti au pouvoir) dans un quartier nord de la capitale.

- DES CHEFS DE LA SOCIÉTÉ CIVILE TRAQUES -

- 27 avril : une figure de la défense des droits de l'Homme, Pierre-Claver Mbonimpa, est arrêté et détenu pendant 30 heures. Depuis, plusieurs responsables de la contestation sont passés dans la clandestinité.

- LA CANDIDATURE DE NKURUNZIZA VALIDÉE -

- 5 mai : la Cour constitutionnelle valide, sans surprise, la candidature de Nkurunziza à la présidentielle. L'arrêt est signé par six de ses sept juges, son vice-président ayant préféré fuir au Rwanda voisin plutôt que de cautionner une décision arrachée, selon lui, sous des "menaces de mort".

- LES AUTORITÉS ORDONNENT L'ARRÊT DE LA CONTESTATION -

- 9 mai : les autorités somment les manifestants de cesser "immédiatement" et "sans condition" la contestation. Le lendemain, les opposants refusent mais dans plusieurs quartiers contestataires, police et armée démantèlent les principales barricades.

- TENTATIVE DE PUTSCH AVORTÉE -

- 13 mai : l'ancien chef du service de renseignements, le général Godefroid Niyombare, annonce la destitution de Nkurunziza, en déplacement en Tanzanie. Le 15 mai, la tentative de putsch échoue, certains des meneurs se rendent, d'autres fuient.

Pierre Nkurunziza, de retour à Bujumbura, remercie les forces de défense pour leur "efficacité" à "stopper" le putsch et établit un lien entre le groupe de putschistes et les "soulèvements en cours", en référence aux manifestations.

Durant le putsch, cinq radios privées - quatre opposées au troisième mandat et une proche du pouvoir - sont détruites.

- DES MINISTRES LIMOGES -

- 18 mai : Nkurunziza limoge son ministre de la Défense, jugé trop conciliant avec les manifestants, et celui des Relations extérieures.

- ASSASSINAT D'UN LEADER DE L'OPPOSITION -

- 23 mai : Zedi Feruzi, président de l'Union pour la paix et la démocratie (UPD), petit parti d'opposition, est tué par balles avec un de ses gardes du corps dans le quartier de Ngagara.

- REPORT DES ÉLECTIONS -

- 10 juin : le président Nkurunziza fixe les législatives au 29 juin et la présidentielle au 15 juillet. Mais, pour ses opposants, les conditions ne sont pas remplies pour des élections. Fin mai, les pays d'Afrique de l'Est ont demandé un report des élections d'au moins un mois et demi.

Le pouvoir durcit le ton, jugeant terminée la contestation et accusant la presse d'orchestrer les derniers attroupements.

- FUITE DU VICE-PRÉSIDENT -

- 25 juin : le deuxième vice-président, Gervais Rufyikiri, fuit le pays, appelant le président à renoncer à briguer un 3e mandat. Les violences à Bujumbura gagnent de nouveau en intensité.

- ANNONCE DU BOYCOTT DES ÉLECTIONS -

- 26 juin : l'opposition annonce son boycott des élections. La société civile appelle la population à ne pas participer à un "simulacre" électoral.

- DÉFECTION DU PRÉSIDENT DE L'ASSEMBLÉE NATIONALE SORTANTE -

- 28 juin : le président de l'Assemblée nationale sortante, Pie Ntavyohanyima, frondeur notoire du CNDD-FDD, opposé lui aussi au 3e mandat, annonce sa défection depuis Bruxelles où il s'est réfugié.

AFP

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