mis à jour le

Tunisie: carnage dans un hôtel, 28 morts dont des touristes

Vingt-huit personnes, dont des touristes étrangers, ont été tuées vendredi lorsqu'un homme armé a ouvert le feu dans un hôtel d'une station balnéaire près de Sousse, le pire attentat de l'histoire récente de la Tunisie.

Cette attaque frappe un pays qui voit monter la menace jihadiste depuis sa révolution en 2011 et survient près de trois mois après l'attaque sanglante contre le musée du Bardo à Tunis (22 morts dont 21 touristes), qui avait déjà porté un coup dur au secteur vital du tourisme.

Elle intervient aussi le même jour qu'un attentat revendiqué par le groupe Etat islamique (25 morts) au Koweit et la décapitation d'un homme en France.

Le président Béji Caïd Essebsi, qui s'est rendu sur les lieux de l'attaque, a jugé que ces attaques étaient "la preuve qu'il faut une stratégie globale et que tous les pays actuellement démocratiques doivent unir leurs forces".

"La Tunisie est face à un mouvement international. Elle ne peut répondre toute seule à cela", a-t-il dit à l'AFP.

Le bilan s'est alourdi à 28 morts, une personne ayant succombé à ses blessures, a déclaré à l'AFP Naoufel Somrani, directeur des services d'urgences du ministère de la Santé, sans pouvoir préciser leur nationalité sans l'immédiat.

36 personnes, notamment de nationalité britannique, belge, allemande et norvégienne, ont aussi été blessées, a-t-il ajouté.

Des touristes figurent parmi les morts mais le ministère de l'Intérieur n'était pas en mesure de dire combien.

Les autorités ont indiqué que l'attentat avait été commis par un étudiant tunisien inconnu des services de police. "Il est originaire de la région de Kairouan", l'une des villes saintes de l'islam située dans le centre de la Tunisie, a déclaré le secrétaire d'Etat aux affaires sécuritaires, Rafik Chelly.

"Cette personne n'était pas connue" de nos services, a-t-il ajouté à l'antenne de la radio Mosaïque FM, ajoutant qu'"a priori, un seul élément" a mené l'attaque avant d'être tué.

La Tunisie disait craindre des attentats à l'approche de la saison touristique et avait annoncé des mesures sécuritaires accrues. Des menaces provenant de comptes sur les réseaux sociaux liés à la mouvance jihadiste avaient menacé de nouvelles attaques durant l'été. 

 

- 'Kalachnikov' et 'grenade' -

 

L'assaillant a visé les clients sur la plage et au bord des piscines, selon le pâtissier de l'hôtel interrogé par l'AFP.

"J'ai entendu des coups de feu et je suis sorti voir ce qui se passait. J'ai vu quelqu'un tirer sur des touristes âgés (sur la plage). Ils sont morts", a raconté Slim Brahim. "J'ai cherché à me cacher parce que j'ai vu le terroriste entrer dans l'hôtel du côté de la piscine. Il a ensuite jeté une grenade près de la piscine".

Une journaliste de l'AFP qui a pu entrer dans l'hôtel a vu deux corps allongés dans du sang sur le parking, ainsi que trois corps ensanglantés sur le rebord de la piscine couverte.

Un touriste britannique a indiqué à la télévision SkyNews que l'attaque s'était produite vers midi (11H00 GMT).

"Mon fils de 22 ans venait de retourner se baigner (...) quand on a vu à une centaine de mètres à notre gauche ce qu'on pensait être des feux d'artifices", a raconté Gary Pine, venu de Bristol, dans le sud-ouest de l'Angleterre. "C'est seulement quand on a commencé à entendre des balles fuser qu'on a réalisé que c'était beaucoup plus grave que des feux d'artifice".

"J'estime avoir entendu une vingtaine ou une trentaine de coups de feu, il y en avait pas mal", a-t-il dit.

 

- Appel à la vigilance -

 

L'ambassade de France à Tunis a appelé ses ressortissants par SMS à la "vigilance" et à "limiter les déplacements et à éviter les rassemblements".

Le président français François Hollande et son homologue tunisien ont exprimé "leur solidarité face au terrorisme" après les attentats qui ont visé les deux pays.

En 2013, un kamikaze s'était fait exploser sur une plage de Sousse, mais sans faire de victimes.

Après l'attaque du Bardo du 18 mars, le secteur stratégique du tourisme a enregistré en avril de très mauvais résultats, avec un recul sur un an de 25,7% du nombre de touristes et de 26,3% des recettes en devises.

Le tourisme, qui représente environ 7% du PIB de la Tunisie et près de 400.000 emplois directs et indirects, était déjà très affecté par les crises politiques à répétition et l'essor de la mouvance jihadiste qui ont suivi la révolution de janvier 2011.

La Tunisie, pionnière du Printemps arabe, a malgré les turbulences achevé sa transition avec des élections fin 2014, mais sa stabilité pourrait être menacée par une mouvance jihadiste particulièrement active à la frontière avec l'Algérie, où des heurts réguliers ont lieu entre hommes armés et militaires.

Des dizaines de soldats et policiers ont été tués ces quatre dernières années dans des affrontements et des embuscades, la majorité dans la région du mont Chaambi (centre-ouest) où se trouve le principal maquis jihadiste en Tunisie.

AFP

Ses derniers articles: CAN-Féminine 2016: le Nigeria douche les espoirs des Lionnes du Cameroun  L'Algérie déplore la faiblesse du commerce interafricain  Génocide: la peine du premier Rwandais condamné en France confirmée en appel 

morts

AFP

Nigeria: 14 morts dans l'explosion d'un camion-citerne dans le centre

Nigeria: 14 morts dans l'explosion d'un camion-citerne dans le centre

AFP

Ouganda: le bilan des combats dans l'ouest monte

Ouganda: le bilan des combats dans l'ouest monte

AFP

Ouganda: au moins 55 morts dans des combats dans l'ouest

Ouganda: au moins 55 morts dans des combats dans l'ouest

touristes

AFP

Eléphants, lions, sources chaudes... Le Nigeria veut attirer les touristes

Eléphants, lions, sources chaudes... Le Nigeria veut attirer les touristes

AFP

Egypte: les touristes ont déserté les pyramides

Egypte: les touristes ont déserté les pyramides

AFP

Attaque contre un hôtel en Egypte: trois touristes européens blessés

Attaque contre un hôtel en Egypte: trois touristes européens blessés