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Soudan du Sud: les conditions de famine réunies dans des zones de conflit

Des civils meurent de faim actuellement au Soudan du sud dans des États en proie aux combats, ont déclaré des experts américains, qui mettent en garde contre une aggravation de la situation dans les prochains mois. 

"L'intensification du conflit dans l'État d'Unité (nord) et dans une partie de l'État du Nil Supérieur (nord-est) a fait des dizaines de milliers de déplacés et a empêché l'accès de l'aide humanitaire à des régions classées en état d'urgence" alimentaire, écrit l'ONG américaine Famine Early Warning Systems Network (FEWS NET) dans son dernier rapport publié cette semaine.

De grandes régions ont déjà été classées en "état d'urgence", ou "classe quatre", juste avant les critères retenus pour définir la famine sur l'échelle de sécurité alimentaire de la FAO, l'Organisation de l'ONU pour l'alimentation et l'agriculture. La famine est classée "catastrophe humanitaire" ou "phase cinq".  

"Certains foyers dans les zones les plus touchées par le conflit sont certainement en état de catastrophe humanitaire", a affirmé le FEWS NET, qui dépend du programme d'aide du Département d'État américain USAID, dans son rapport consulté par l'AFP vendredi.

"Si l'insécurité continue à empêcher la livraison d'aide alimentaire dans le sud de l'État d'Unité dans les deux mois à venir, le nombre de foyers en état de catastrophe humanitaire va vraisemblablement augmenter", ont poursuivi les experts.  

Selon le FEWS NET, des habitants de l'État de Jonglei (est) sont eux aussi "probablement" déjà en train de mourir de faim. 

Les experts n'ont pas formellement déclaré la famine car l'état de catastrophe humanitaire touche moins d'un cinquième de la population, le seuil défini par les critères de référence de la FAO.

La guerre civile a éclaté en décembre 2013 au sein de l'armée sud-soudanaise fracturée le long de lignes politico-ethniques par la rivalité à la tête du régime entre le président Salva Kiir et son ancien vice-président Riek Machar.

Plus de deux millions de personnes ont été chassées de chez elles par les combats accompagnés d'exactions attribuées aux deux camps. Sur ces deux millions, environ 1,5 million de personnes sont déplacées à l'intérieur du pays, dont 137.000 s'entassent dans des bases de l'ONU.

Les deux tiers des 12 millions d'habitants du pays ont besoin d'aide humanitaire et 4,5 millions de personnes n'ont pas suffisamment à manger, selon l'ONU. 

AFP

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