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Afrique du Sud/Marikana: l'opposition exige que les responsables politiques soient poursuivis

L'opposition en Afrique du Sud a exigé vendredi que les responsables politiques de la tuerie de Marikana en 2012 soient poursuivis, après la publication d'un rapport qui les exonère de toute responsabilité et met en cause seulement les policiers.

L'actuel vice-président sud-africain Cyril Ramaphosa est notamment la cible des attaques. Il était à l'époque membre du conseil d'administration de Lonmin, la société qui exploite la mine de Marikana, et il avait contacté ses amis ministres pour demander l'intervention des forces de l'ordre contre les grévistes.

Trente-quatre mineurs avaient été abattus par la police le 16 août 2012 sur le site de la mine de platine près de Rustenburg (nord). Le rapport charge la police et demande l'ouverture d'une enquête pénale, mais ne suggère aucune sanction ou poursuite contre les politiques.

La réaction la plus virulente est venue sans surprise du parti de gauche radicale de Julius Malema qui a toujours soutenu les mineurs grévistes: "Trente-quatre mineurs ont été massacrés sous les yeux du monde entier et il n'y a aucune recommandation de poursuite, et personne n'est tenu pour responsable", estiment les EFF (Combattants de la Liberté Economique) dans un communiqué publié dans la nuit, après une allocution télévisée du président Jacob Zuma présentant le rapport.

"Le rapport ne blame personne. Il n'appelle personne à s'excuser, et il ne recommande aucune indemnisation pour les vies perdues (...) Nous pouvons promettre à tous les Sud-Africains que les EFF ne connaîtront pas de repos jusqu'à ce que les responsables, et en particulier l'élite qui commandait la police, y compris Cyril Ramaphosa, soient poursuivis et envoyés en prison", clame le parti de Malema.

Sans citer nommément M. Ramaphosa, l'Alliance démocratique (DA, centre-droit), principal parti d'opposition, déplore que "le rapport ne retienne aucune responsabilité politique pour le massacre de Marikana, déniant aux familles des victimes la justice à laquelle elles ont droit et qu'elles attendent depuis trois ans."

 

- 'Comme sous l'apartheid' -

 

La DA demande à ce que le ministre de la Police de l'époque, Nathi Mthethwa, et la cheffe de la police nationale Riah Phiyega, toujours en poste, soient poursuivis pour "leur responsabilité pénale dans le massacre".

"Pas un seul membre de l'exécutif n'a endossé la responsabilité de la tragédie. C'est une insulte aux familles et aux proches de ceux qui ont perdu leur vie", poursuit la DA, qui demande la démission immédiate de Mme Phiyega.

"Le fait est que Phiyega et d'autres ont pris une décision en sachant qu'il en résulterait un bain de sang (...) Dimanche matin, la DA va annoncer d'autres mesures pour exiger que l'exécutif rende des comptes", affirme le parti d'opposition.

M. Phiyega, qui avait affirmé que la police était en état de légitime défense, est accusée d'avoir couvert une opération mal préparée pour désarmer les grévistes porteurs d'armes blanches et qui a tourné à la catastrophe. Dénonçant un "manque total de contrôle et de commandement", le rapport reproche aussi à la police sud-africaine d'avoir tenté de fuir ses responsabilités en maquillant des preuves. 

"Marikana Support Campaing", une ONG de défense des familles, estime également que "l'exonération de Cyril Ramaphosa, Nathi Mthwetha et Susan Shabangu (ministre des Mines) et de tout l'exécutif est peut-être la conclusion la plus choquante du rapport". 

Fidèle à leur réthorique radicale, les EFF pour leur part n'hésitent pas à comparer ce rapport à la réaction des autorités de l'apartheid après les plus notoires massacres perpétrés par la police du régime, Sharpeville (1960), Soweto (1976) ou Vaal (1984), lorsque personne n'avait été sanctionné après la mort de manifestants noirs tués par le régime blanc. 

"De cette commission, nous ne pouvons que conclure qu'il en va de même sous notre régime démocratique", commente le parti de Malema.

 

 

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