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Le journaliste d'Al-Jazeera retenu

Le journaliste vedette d'Al-Jazeera Ahmed Mansour, réclamé par l'Egypte et retenu deux jours en garde à vue à Berlin avant sa libération lundi, a accusé mercredi le gouvernement allemand d'avoir cédé aux pressions du Caire.

"Je suis navré que (le gouvernement égyptien) ait réussi à utiliser certaines personnes au sein du gouvernement allemand", a déclaré à la presse M. Mansour, 52 ans, interpellé samedi à l'aéroport de Berlin-Tegel alors qu'il s'apprêtait à se rendre à Doha.

Le journaliste a rappelé que son arrestation était survenue deux semaines après la visite en Allemagne du président égyptien Abdel Fattah al-Sissi, qui s'était conclue par la signature d'un contrat énergétique de 8 milliards d'euros avec l'allemand Siemens.

"Je crains que le régime al-Sissi, le régime dictatorial, le régime tyrannique, n'ait peut-être réussi à exporter (...) la dictature en Allemagne", a poursuivi le journaliste d'Al-Jazeera, exhortant ses confrères allemands à chercher des explications.

Interrogées par l'AFP, des sources gouvernementales allemandes ont expliqué qu'Ahmed Mansour n'avait pas immédiatement été identifié comme journaliste. Seules des informations supplémentaires fournies par l'Egypte pendant le week-end avaient conduit Berlin à la conclusion qu'une extradition était "totalement exclue".

"Le gouvernement a aussitôt pris des mesures pour qu'à l'avenir, de tels cas soient plus rapidement identifiés", ont poursuivi ces sources.

Evoquant à la fois des "aspects juridiques et des craintes politico-diplomatiques", le parquet général de Berlin a libéré lundi M. Mansour, visé depuis 2014 par un mandat d'arrêt international de l'Egypte pour des motifs non précisés de source officielle. Le journaliste a expliqué être poursuivi pour viol, enlèvement et vol, des accusations "absurdes" à ses yeux.

A Berlin, l'embarras vient de ce qu'Interpol avait refusé en octobre dernier d'émettre une "notice rouge" --- c'est-à-dire une demande d'arrestation visant le journaliste --- au motif que la requête du Caire avait un caractère politique, selon le ministère allemand de l'Intérieur.

L'organisation policière internationale avait informé de cette décision ses Etats-membres, dont l'Allemagne, ce qui n'avait pas empêché Berlin de maintenir le nom de M. Mansour sur ses listes de personnes à interpeller, pour des raisons qui restent à éclaircir.

Des sources gouvernementales citées par le site internet du Spiegel ont évoqué, sous le sceau de l'anonymat, une possible erreur commise par des fonctionnaires mal informés.

AFP

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