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L'Ethiopie attend la proclamation d'une victoire écrasante du pouvoir aux législatives

L'Ethiopie attendait lundi la proclamation des résultats officiels définitifs des législatives du 24 mai, devant consacrer sans surprise un raz-de-marée de la coalition au pouvoir depuis 1991, qui a déjà raflé 80% des sièges de députés, selon les chiffres partiels.

Ces élections, les premières depuis la mort en 2012 de Meles Zenawi, homme fort du pays pendant plus de 20 ans, étaient largement considérées comme jouées d'avance dans un pays au régime autoritaire et verrouillé, laissant peu de place à l'opposition et aux voix dissidentes.

Seule l'ampleur de la victoire de la coalition du Front démocratique révolutionnaire des peuples éthiopiens (EPRDF) était inconnue. Elle est d'ores et déjà écrasante, l'EPRDF ayant raflé les 442 sièges dont les résultats sont déjà connus, sur les 547 que compte la Chambre des représentants du peuple (chambre basse du Parlement), selon les chiffres partiels annoncés par la commission électorale.

Le Premier ministre Hailemariam Desalegn, dauphin désigné de M. Meles à qui il a succédé à sa mort, devrait donc être reconduit à la tête du deuxième pays le plus peuplé d'Afrique (94 millions d'habitants), derrière le Nigeria.

A l'opposé de la vieille garde originaire du Tigré (nord), formée dans la guérilla contre le régime de "Terreur rouge" dirigé par dictateur communiste Mengistu Haile Mariam (1974-1991), M. Hailemariam incarne une nouvelle génération de dirigeants éthiopiens. Son arrivée au pouvoir avait soulevé des spéculations sur son degré d'autorité au sein d'un régime au fonctionnement largement secret.

Lors des législatives de 2010, l'EPRDF avait déjà remporté la totalité des sièges de la Chambre sauf deux: l'un était échu à un député se réclamant de l'opposition - qui ne s'est pas représenté - et l'autre à un indépendant.

Dans la circonscription d'Addis Abeba, où avait été élu le seul député d'opposition, le camp du pouvoir a raflé cette année les 23 sièges en lice.

La population, persuadée que les jeux étaient déjà faits, n'a montré que peu d'intérêt pour la campagne, calme et terne, mais s'était rendu massivement aux urnes, selon la commission électorale, qui a fait état d'une participation supérieure à 90% des 36,8 millions d'électeurs inscrits.

 

- L'Ethiopie, alliée des Occidentaux -

 

M. Hailemariam a largement poursuivi la politique de grands travaux d'infrastructure et de développement agricole initiée par Meles, crédité du spectaculaire redressement économique de l'Ethiopie. Symbole de la famine dans les années 1980, le pays affiche désormais une croissance économique insolente, autour de 10% ces cinq dernières années, selon la Banque mondiale.

Des ONG de défense des droits de l'Homme dénoncent un développement économique à marche forcée, dont les populations locales et l'environnement paient le prix fort, mais également le caractère autoritaire du régime, les atteintes à la liberté d'expression et la volonté d'étouffer toute voix dissidente.

Depuis son arrivée au pouvoir, Hailemariam Desalegn a promis de donner davantage d'espace à l'opposition. Mais ces promesses sont en grande partie restée lettre morte, selon les partis d'opposition, qui ont accusé les forces de sécurité d'avoir harcelé leurs candidats, empêchés de faire campagne.

De nombreux journalistes ont également été jetés en prison ces dernières années en vertu d'une loi antiterroriste controversée, aux contours flous et utilisée, selon les défenseurs des droits de l'Homme, pour réduire toute critique au silence.

Washington s'est dit préoccupé par les "restrictions" imposées à la société civile, aux médias et aux partis d'opposition et l'Union européenne a dénoncé les arrestations de journalistes et de responsables d'opposition, ainsi que la fermeture de médias qui ont eu un "impact négatif sur l'environnement électoral".

Mais les critiques restent modérées, l'Ethiopie étant considérée par les Occidentaux - Etats-Unis en tête - comme un allié-clé dans la lutte contre l'extrémisme islamiste dans la Corne de l'Afrique, ce qui le rend incontournable dans la région. En Somalie voisine, le pays fournit plus de 4.000 soldats à la Force de l'Union africaine (Amisom) qui y combat les insurgés islamistes shebab affiliés à Al-Qaïida.

Addis Abeba abrite en outre le siège de l'Union africaine et sera une des deux étapes de la tournée est-africaine du président américain Barack Obama, qui se rendra en juillet également au Kenya.

AFP

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