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La Centrafrique ambitionne d'organiser la présidentielle en octobre

Les autorités de transition centrafricaines ont annoncé vendredi un ambitieux calendrier électoral, avec une présidentielle fixée au 18 octobre, dans un pays qui peine à se relever des violences intercommunautaires de 2013-2014.

Il s'agit du troisième report de ce scrutin initialement prévu en novembre 2014 dans cette ex-colonie française plongée dans la plus grave crise de son histoire.

Selon le nouveau calendrier rendu public à la radio nationale, proposé par l'Autorité nationale des élections (ANE) et validé par le Comité stratégique de suivi des élections, le premier tour des législatives et de la présidentielle est fixé au 18 octobre et l'éventuel second tour de ces deux scrutins au 22 novembre.

C'est juste au sortir de ces échéances cruciales que le pays recevra la visite du pape François: le souverain pontife se rendra en Ouganda et en Centrafrique du 27 au 29 novembre, pour son premier voyage en Afrique, a annoncé vendredi le Vatican.

Avant les élections, le régime centrafricain de transition prévoit un référendum constitutionnel le 4 octobre, a déclaré à la radio Adrien Poussou, conseiller en communication du Premier ministre.

 

- Recensement électoral dès juin -

 

Le recensement électoral doit, lui, débuter dès le 27 juin et être achevé le 27 juillet, dans un pays où les infrastructures routières sont pourtant dans un état déplorable et où des bandes armées sévissent toujours dans certaines régions.

Jusqu'ici, il était prévu que les élections soient organisées au plus tard à la mi-2015.

Mais, face à la situation sécuritaire et au manque de fonds, un forum de réconciliation nationale avait demandé le 11 mai le report des élections. Ce report avait été sollicité en dépit des demandes insistantes de la communauté internationale pour un retour rapide à la normalité constitutionnelle à Bangui. 

La Centrafrique s'était retrouvée en plein chaos après le renversement en mars 2013 du président François Bozizé par Michel Djotodia, à la tête d'une rébellion à dominante musulmane, la Séléka.

Les exactions commises par la Séléka ont ensuite débouché sur la création de milices chrétiennes, les anti-balaka, qui s'en sont alors pris aux civils musulmans, déclenchant des violences interreligieuses qui ont fait des milliers de victimes. 

Ces violences ont conduit à l'intervention militaire de la France et de l'ONU, à l'éviction de M. Djotodia et à la mise en place d'une autorité de transition en janvier 2014, dirigée par la présidente Catherine Samba Panza qui, selon la Charte de transition, ne peut être candidate à la présidentielle.

Ce calendrier très serré s'annonce d'ores et déjà comme une gageure et laisse sceptiques de nombreux acteurs politiques centrafricains, face au délabrement de l'administration, qui a cessé d'exister dans certaines zones du pays, et aux déplacements massifs de populations provoqués par les violences.

 

- 'Pistolet sur la tempe' -

 

Pour que les scrutins se tiennent dans des conditions correctes, il faut également que les bandes armées soient neutralisées.

Aussi, une des clés du problème pour ce pays qui vit sous perfusion de l'aide internationale est le financement non seulement des élections, mais aussi du programme DDR ("Désarmement, démobilisation, réinsertion") des anciens combattants.

"Le verrou était le +DDR+. Sans +DDR+, rien ne se passera", expliquait fin mai à l'AFP Anicet Dologuélé, un des favoris de la présidentielle, ancien Premier ministre sous Ange-Félix Patassé (président de 1993 à 2003), en se félicitant que les groupes armés aient majoritairement signé le programme "DDR" en mai lors du forum de Bangui.

Mais le financement de ce programme n'est encore ni chiffré ni même acquis.

"Il faudra aussi s'assurer de la libre circulation des populations, pas seulement des candidats. Si on n'a pas ça, les gens ne pourront s'inscrire sur les listes électorales, aller aux meetings ou aller voter", souligne un autre favori de la présidentielle, Martin Ziguelé, également ancien Premier ministre de Patassé.

"On ne vote pas avec un pistolet sur la tempe. Si toutes les conditions ne sont pas réunies, on risque d'avoir un président mal élu et c'est justement ce qu'il faut éviter si on ne veut pas repartir pour 10 ans d'instabilité", selon une source politique.

"Il faudrait plutôt, ajoute-t-elle, tabler sur un référendum constitutionnel en décembre et une élection en mars".

AFP

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