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Que font les GI's en Afrique centrale?

L’actrice américaine engagée, Mia Farrow, et l’activiste américain pour les droits de l’homme et co-fondateur de l’ONG Enough Project, John Prendergast, défendent l’engagement des Etats-Unis dans le conflit ougandais contre l’Armée de résistance du seigneur (LRA), dans une tribune du Wall Street Journal.

En octobre, Barack Obama a annoncé qu’il enverrait 100 soldats en Afrique centrale pour aider les forces régionales à mettre fin à la terreur imposée par la LRA, car le groupe armé fondé par Joseph Kony en 1987 «continue à commettre des atrocités en République Centraficaine, en République démocratique du Congo et au Soudan du Sud qui déstabilisent la région».

La LRA est considérée comme une organisation terroriste par les Etats-Unis depuis 2001, et Kony et ses complices sont recherchés par la Cour Pénale Internationale pour crimes contre l’humanité, incluant meurtres, viols, esclavage sexuel, et utilisation d’enfants-soldats. En 2006, la milice a été repoussée aux frontières de l’Ouganda par l’armée ougandaise. En 24 ans, la LRA aurait enlevé 70.000 civils, pour la plupart des enfants, tué des dizaines de milliers de personnes, et provoqué le déplacement de 2,5 millions de personnes. Aujourd'hui, elle rassemble entre 200 et 400 combattants, mais, rappellent les deux auteurs américains, l’armée ougandaise est occupée en Somalie pour lutter contre les milices islamistes shebab. C’est pourquoi Farrow et Prendergast insistent sur la nécessité d'intervenir, et surtout sur les enjeux humains de cette intervention, en décrivant les exactions commises par les hommes de Kony.

L’actrice américaine qui a passé du temps en Afrique centrale rapporte le témoignage d’une nonne italienne qui s’occupe d’enfants enlevés par la LRA et qui se sont évadés:

«On a appris à ces enfants à tuer sans états d’âme. Ceux qui ont pu s’échapper, sont traumatisés. On a obligé celui-là [elle montre un enfant de 11 ou 12 ans] à tuer son propre père», raconte Soeur Giovanna. 

Un enfant lui a aussi raconté qu’il avait tué 82 personnes qu’il avait été obligé de découper une des ses victimes en morceaux avec une machette.

Lu sur le Wall Street Journal