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Egypte - Trois ans de prison pour avoir critiqué l'islam sur Facebook

Ayman Youssef Mansour, un Egyptien, a été condamné samedi 22 octobre au Caire à trois ans de prison assortis de travaux forcés pour avoir critiqué l'islam dans des propos publiés sur Facebook, a rapporté l'agence de presse officielle égyptienne Mena. Une lourde peine pour ce jeune internaute. Le tribunal du Caire a reconnu Ayman Youssef Mansour coupable d'avoir «intentionnellement insulté, attaqué et tourné en ridicule la dignité de la religion islamique» sur Facebook, ajoute le quotidien égyptien Al ahram.

Le tribunal a considéré que les insultes «visaient le noble Coran, la vraie religion islamique, le prophète de l'islam et les musulmans, d'une manière calomnieuse», a ajouté l'agence. Youssef Mansour avait été arrêté en août, la police l'ayant retrouvé grâce à ses coordonnées Internet. L’agence Mena ne précise pas sa religion.

En Egypte, la loi interdit d'insulter une religion. Cette armada législative a souvent été utilisée dans le passé pour poursuivre des musulmans chiites dans un pays à grande majorité sunnite, qui compte également une importante minorité chrétienne (entre 6 à 10% de la population).

En 2007, le blogueur Karim Amer avait été condamné à de la prison ferme pour avoir insulté le prophète de l'islam, Mahomet, et Hosni Moubarak, qui a quitté le pouvoir en février dernier après 18 jours de mobilisation du peuple égyptien. Karim Amer a été libéré en 2010.

En Egypte, il existe effectivement deux sujets sacrés, l’islam et l’armée. En mars dernier, Nabil Maikel, un jeune blogueur égyptien de 26 ans, a été arrêté pour avoir critiqué l’armée. Il contredisait le slogan phare de la révolution: «l’armée, le peuple, une seule main». Un tribunal militaire l’a donc reconnu coupable d'«insulte à l'institution militaire et publication de fausses nouvelles». Nabil Maikel refuse de s’alimenter depuis plus de deux mois pour protester contre cette justice militaire et punitive.

Critiquer une institution, religieuse ou militaire, ne devrait pourtant plus être répréhensible. La liberté d’expression et l’abolition des tribunaux militaires figurent parmi l'une des priorités de l’ère post Moubarak.

Lu sur Al AhramOnline, France 24

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