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Tchad: N'Djamena sous le choc au lendemain d'un double attentat meurtrier

Les habitants de N'Djamena étaient sous le choc mardi au lendemain du double attentat-suicide attribué aux islamistes de Boko Haram qui a fait 24 morts et une centaine de blessés, une première dans la capitale tchadienne placée sous très haute surveillance.

"C'est terrible. Il y a des tas de morts et de blessés en désordre. Je n'aurais jamais pensé qu'une chose pareille arriverait à N'Djamena", résume Ali Gamane, un ingénieur du ministère de l'Agriculture.

Le risque d'attentat au Tchad avait pourtant été mis en avant à plusieurs reprises et les mesures de sécurité considérablement renforcées dans la capitale depuis que l'armée tchadienne était entrée en guerre contre le groupe islamiste nigérian Boko Haram début février.

Mardi, la ville était entièrement quadrillée par les forces de l'ordre, ont constaté des correspondants de l'AFP. 

Policiers et soldats étaient déployés en masse aux abords des mosquées, des églises, des marchés et sur les grandes artères, fouillant systématiquement les véhicules et leurs occupants. 

Des check-points barraient l'accès à la zone du commissariat central et à la voie passant devant le palais présidentiel. Le gouvernement a également annoncé dès lundi soir l'interdiction "formelle" de la "circulation des véhicules à vitres fumées".

A l'hôpital de l'Amitié, où ont été évacués plusieurs dizaines de blessés des attaques simultanées contre le commissariat central et l'école de police de N'Djamena, "c'est le drame". "Beaucoup de blessés risquent de perdre la vie si la population ne vient pas nous donner du sang. On n'a plus de sang", s'inquiète une infirmière, Ache Zenaba.

Le bilan des attaques a été porté à 24 morts après qu'un blessé a succombé à ses blessures lundi soir, d'après une source hospitalière. Selon les autorités, quatre "terroristes" ont également été tués.

Le gouvernement tchadien a appelé la population à "garder tout son calme". 

"Ces attaques, qui visent à créer une psychose au sein de la population, ne sauraient émousser la détermination et l'engagement du Tchad à combattre le terrorisme", a-t-il ajouté.

 

- "Interdire le casque et le turban" -

 

Les Tchadiens ont été confrontés à la violence durant des décennies, entre guerre civile (1979-1982), rébellions multiples et tentatives de coups d'Etat (la dernière date de 2008). Mais c'est la première fois que N'Djamena est frappée par un tel attentat.

"C'est vraiment cruel, c'est quelque chose qu'on à jamais connu. C'est un deuil pour mon pays", commente ainsi Haroun Yaya, chauffeur de taxi.

"Je vis avec la peur, je n'ai pas pu regarder ces images horribles. (...) On voyait ces choses ailleurs et on croyait que ça n'allait pas arriver chez nous. Il faut maintenant interdire le port de casque et turban", susceptibles de dissimuler les visages, propose de son côté un fonctionnaire, André Toal.

"Je suis indigné par ces attentats terroristes", a déclaré Djida Oumar, président d'une coalition de la société civile. "Mais nous ne cédons pas à la panique, nous soutenons les actions du gouvernement. Nous allons sensibiliser davantage la population (...) C'est un phénomène qui se passe partout dans le monde".

Brice Mbaimon, président d'un parti d'opposition, le Mouvement populaire pour le travail et la réconciliation, a pour sa part demandé au gouvernement "de mettre en place très rapidement un plan de vigilance nationale avec les moyens qu'il faut, en impliquant la population qui doit surveiller le déplacement des personnes suspectes".

Les autorités ont rapidement accusé les islamistes nigérians de Boko Haram d'être les auteurs de ce double attentat. Lundi soir, le président français François Hollande a lui-aussi désigné Boko Haram.

"Il n'y a pas de doute que Boko Haram est responsable et devra rendre compte de cette nouvelle horreur humaine", a déclaré M. Hollande, dénonçant un attentat "barbare", depuis Alger où il se trouvait en visite officielle.

Le Tchad est un allié de poids pour Paris dans la lutte contre les groupes jihadistes en Afrique sahélienne et l'armée française a établi à N'Djamena l'état-major de son opération Barkhane de lutte contre ces groupes.

L'armée tchadienne participe aussi en première ligne depuis février à une opération militaire régionale visant à chasser le groupe nigérian Boko Haram de pans entiers de territoires qu'il avait capturés dans le nord-est du Nigeria.

AFP

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