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Yémen: la délégation des rebelles attendue

Une délégation des rebelles yéménites, soutenus par l'Iran, était attendue dans la nuit de lundi à mardi à Genève pour des consultations avec des représentants du gouvernement en exil, sous l'égide de l'ONU, qui a appelé à une trêve humanitaire dans les combats.

Les consultations devaient démarrer lundi matin mais l'avion à bord duquel la délégation des rebelles du mouvement Ansarullah et de ses alliés avait quitté Sanaa dimanche soir a été immobilisé pendant près de 24 heures à Djibouti.

Le Secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a cependant donné le coup d'envoi du processus en tenant une réunion lundi matin avec les représentants du gouvernement, en exil en Arabie Saoudite. Dans une déclaration à la presse, il a appelé à "observer une trêve humanitaire de deux semaines à l'occasion du Ramadan", le mois de jeûne musulman qui commence cette semaine.

"J'espère que cette semaine marquera le début de la fin des combats", a ajouté M. Ban, soulignant qu'il n'y avait pas de temps à perdre dans ce pays pauvre de la péninsule arabique menacé par "une bombe à retardement".

A New York, le porte-parole de l'ONU Stéphane Dujarric a indiqué que l'avion transportant les rebelles avait pu finalement décoller de Djibouti.

Il a attribué le retard à "des problèmes liés à l'aviation internationale qui échappent au contrôle de l'ONU". "Nous avions fait des plans mais nous avons dû les changer et affréter des avions" pour la délégation, a-t-il expliqué.

Selon une source proche des rebelles, le Soudan et l'Egypte n'ont pas permis à l'avion de traverser leur espace aérien.

Dans un communiqué posté sur sa page Facebook, le porte-parole d'Ansarullah, Mohamed Abdel Salam, a affirmé que ce retard était dû à "une volonté claire d'entraver le processus", et a remercié le sultanat d'Oman qui a selon lui "déployé ses bons offices" afin de régler le problème.

Oman est la seule monarchie du Golfe à ne pas participer aux opérations militaires contre les rebelles dirigées depuis le 26 mars par l'Arabie saoudite. Mascate, qui entretient de bonnes relations à la fois avec l'Iran et l'Arabie saoudite, a accueilli fin mai des discussions entre une délégation américaine et les rebelles yéménites.

La rencontre de Genève intervient alors que des frappes aériennes de la coalition arabe n'ont pas pu enrayer la progression des rebelles chiites d'Ansarullah, soutenus par l'Iran et forts de l'appui des unités de l'armée restées fidèles à l'ancien président Ali Abdallah Saleh.

Les combats ont fait depuis le mois de mai plus de 2.600 morts, selon M. Ban.

Le Secrétaire général a appelé les parties en conflit à parvenir à des accords "locaux" de cessez-le-feu et à un "retrait des groupes armés des villes".

 

- 'Pas très optimiste' -

 

Les positions des protagonistes sont tellement éloignées que les premières consultations auront lieu sous la forme de "discussions de proximité", l'envoyé spécial de l'ONU pour le Yémen, le Mauritanien Ismail Ould Cheikh Ahmed, faisant la navette entre les deux délégations.

Le ministre des Affaires étrangères Ryad Yassine, qui dirige la délégation gouvernementale, a déclaré à l'AFP qu'il n'était "pas très optimiste" sur les chances de paix avec les rebelles, qu'il a accusés de vouloir venir en nombre à Genève "pour créer le chaos".

Une première réunion inter-yéménite fixée le 28 mai sous l'égide de l'ONU avait déjà été reportée sine die.

Sur le terrain, les rebelles ont continué à progresser et ont pris dimanche le contrôle de la principale ville de la province nordiste de Jawf, proche de la frontière avec l'Arabie saoudite.

Des avions de la coalition sous commandement saoudien ont bombardé lundi à l'aube des positions rebelles, dont des dépôts de missiles sur une colline surplombant la capitale yéménite Sanaa, et d'autres raids ont visé leurs positions plus au nord.

Le Yémen est le seul des pays du "printemps arabe" où un soulèvement populaire en 2011 a abouti à une solution négociée. En vertu de ce règlement, l'ancien président Ali Abdallah Saleh, resté au pouvoir pendant 33 ans, a pu demeurer au Yémen et jouir de l'immunité.

Les rebelles d'Ansarullah sont issus de la minorité zaïdite, une branche du chiisme, et représentent environ un tiers de la population. M. Hadi, un sunnite du sud du Yémen, est le premier président du pays qui n'est pas issu de cette communauté.

AFP

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