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Libye - Des pro-Kadhafi ont-ils été exécutés à Syrte?

Des cadavres de 53 individus ont été retrouvés dans un hôtel à Syrte, le dernier bastion kadhafiste tombé le 20 octobre. Ces personnes, apparemment des partisans de Kadhafi, semblent avoir été exécutées, a déclaré Human Rights Watch. L’hôtel où les corps des 53 personnes ont été découverts est situé sur une zone qui se trouvait au moment des meurtres sous contrôle des combattants anti-Kadhafi.

Le 24 octobre, Human Rights Watch a demandé au Conseil National de Transition (CNT) en Libye de mener une enquête immédiate et transparente sur ce qui semble être une exécution de masse des partisans de Kadhafi et de traduire en justice toute personne impliquée dans ces exactions.   

 «Nous avons trouvé 53 corps en décomposition, apparemment des partisans de Kadhafi, dans un hôtel abandonné à Syrte. Certaines victimes avaient les mains ligotées derrière le dos quand elles ont été abattues », a indiqué Peter Bouckaert, directeur de la division Urgences à Human Rights Watch. « Ces meurtres requièrent l'attention immédiate des autorités libyennes, qui doivent mener une enquête et exiger des comptes des individus responsables.», a-t-il exhorté.

Les corps qui ont été découverts dans le jardin de l’hôtel Mahari, district n°2 de Syrte, le 23 octobre dernier se trouvaient dans un état de décomposition avancée. Les cadavres étaient regroupés sur la pelouse du jardin, où les meurtres ont apparemment eu lieu.
Selon des témoignages recueillis par l’organisation de défense des droits de l’homme, ce secteur était depuis début octobre sous le contrôle des combattants anti-Kadhafi originaires de Misrata.  

L'état des corps semble indiquer que les victimes ont été tuées environ une semaine avant la mort de l'ex-guide libyen Mouammar Kadhafi, soit entre le 14 et 19 octobre.

Pour l’heure, il n’existe aucune preuve directe de l’implication des brigades anti-Kadhafi qui circulaient dans la zone, mais les noms de ces groupes étaient inscrits sur les murs de l’hôtel, comme a pu le constater des membres de l’équipe de Human Rights Watch.   

«Si le CNT s’abstenait d’enquêter sur ce crime, il donnerait ainsi le signal que tous ceux qui ont lutté contre Kadhafi peuvent tout se permettre sans crainte d’être traduits devant la justice», a observé Peter Bouckaert.

Finalement, la Libye a cédé à la pression internationale, commente le Guardian de Londres. Le CNT a annoncé l'ouverture d'une enquête sur les circonstances de la mort de Mouammar Kadhafi, enterré ce mardi 25 octobre dans un endroit tenu secret pour éviter tout acte de vandalisme. Moustafa Abdel Jalil, chef du CNT, a déclaré qu'il avait mis en place un comité chargé d'examiner les circonstances de la mort de Kadhafi et de son fils Moutassim, rapporte the Guardian. Indiquant toutefois que les Libyens auraient préféré assister au procès du colonel Kadhafi et qu’il soit tenu responsable de ses crimes.  

Lu sur Human Rights Watch, Guardian

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