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A Vintimille, sit-in pacifique de migrants qui souhaitent entrer en France

Une centaine de migrants désirant entrer en France se sont rassemblés vendredi sur des pelouses de la commune italienne de Vintimille, à quelques dizaines de mètres de la frontière, où la police française, confrontée à un afflux exceptionnel, a reçu pour consigne de ne pas les laisser passer.

Certains des migrants, assis devant l'ancien poste-frontière franco-italien de bord de mer, en présence de policiers italiens et français, avaient inscrit sur des cartons: "We need to pass" (nous avons besoin de passer) ou "We are not going back" (nous ne rebrousserons pas chemin), a constaté un photographe de l'AFP. Des slogans qu'ils ont parfois scandés dans l'après-midi.

La police française a reçu pour consigne de ne pas les laisser passer, a indiqué la préfecture des Alpes-Maritimes. Pour la seule journée de vendredi, la police a reconduit en Italie au moins 240 étrangers, essentiellement interpellés près de Menton.

En début de soirée, certains migrants avaient repris la route en direction du centre-ville de Vintimille. D'autres s'étaient dispersés par petits groupes pour passer la nuit sur place, alors qu'un orage menaçait.

Durant les sept derniers jours, un nombre record de 1.439 migrants illégaux ont été interpellés par les forces de l'ordre françaises dans les Alpes-Maritimes, a précisé vendredi le préfet Adolphe Colrat. Parmi eux, 1.097 ont été réadmis en Italie.

Selon M. Colrat, la "pression migratoire" à la frontière franco-italienne connaît "depuis quelques jours" un pic supérieur aux semaines records de 2014.

 

- Appliquer la règle du jeu au sein de l'UE -

 

Les migrants venus du Sud de l'Italie, en provenance de Libye, ne cachent pas leur présence dans les gares de Vintimille ou de Nice, ainsi que dans les trains locaux transfrontaliers. Mais jusqu'à présent ils ne s'étaient pas ostensiblement installés en nombre à quelques mètres de la France. Et ils n'avaient jamais organisé de protestation collective dans cette zone frontalière.

Un représentant de la Croix rouge italienne a démenti vendredi soir une information d'une représentante française d'Amnesty International, selon laquelle une unité d'accueil venait d'être installée à Vintimille. Un centre d'accueil avait été ouvert provisoirement en 2011 à l'occasion de l'arrivée massive de clandestins tunisiens.

Les forces de l'ordre des Alpes-Maritimes ont renforcé les reconduites en Italie, en procédant à plus d'interpellations dans le rayon habituel des 20 kilomètres de la frontière franco-italienne mais aussi désormais dans les gares internationales de Nice et de Cannes.

"On voit ce qui se passe quand un nombre important de personnes en situation irrégulière se retrouvent par exemple à Paris ou à Calais", a indiqué à l'AFP le préfet. 

"J'ai le devoir de faire appliquer la règle du jeu au sein de l'Union. Les personnes en situation irrégulière doivent être réadmises dans le pays d'où elles viennent, en l'occurrence l'Italie", a insisté M. Colrat. 

La police aux frontières n'est pas en mesure de savoir combien de migrants clandestins retentent immédiatement leur chance après avoir été refoulés en Italie, car la plupart sont dépourvus de documents d'identité.

Jusqu'à récemment, ceux parvenant à s'éloigner d'un rayon de 20 km de la frontière étaient rarement inquiétés par la police lorsqu'ils montaient dans les TGV au départ de Nice. Le changement de pratiques dans cette gare internationale remonte au 11 mai, a indiqué le préfet.

"Nous mettons en place des contrôles appropriés, conformément à ce que permet le droit", a commenté M. Colrat, soucieux aussi de démanteler des filières de passeurs qui profitent de la vulnérabilité des migrants.

"L'instruction que je donne est de ne pas laisser des personnes en situation irrégulière rester sur notre sol, dès lors qu'elle viennent d'Italie", précise le préfet. "Je ne peux pas accepter d'admettre une errance, d'envoyer à l'aventure des étrangers en situation irrégulière, avec la conviction que se poseront, dans notre département ou ailleurs, des problèmes d'ordre public".

 

 

AFP

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