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Mali: trois civils tués dans le Nord, deux documents en discussion

Trois civils ont été tués lors d'attaques armées distinctes dans le nord du Mali, ont indiqué jeudi des élus locaux et une source sécuritaire, pendant que le gouvernement et la rébellion discutaient à Alger de documents sur la paix et la sécurité dans le pays.

La Coordination des mouvements de l'Azawad (CMA, rébellion à dominante touareg), engagée depuis la semaine dernière dans des consultations à Alger, doit signer vendredi un "accord sécuritaire" afin de rétablir le cessez-le-feu battu en brèche depuis plus d'un mois dans le Nord, a indiqué une source proche de la médiation algérienne, sans autre précision.

Le gouvernement malien, représenté à ces discussions par son ministre des Affaires étrangères, a annoncé dans un communiqué jeudi soir que "la médiation internationale élargie" avait rencontré séparément les parties et leur avait présenté deux documents, soulignant que "les consultations se déroulent dans une bonne atmosphère".

"Le premier est intitulé 'Relevé de conclusions des consultations préparatoires à la mise en ½uvre de l'Accord pour la paix et la réconciliation au Mali'", selon le texte, en référence à l'accord de paix signé le 15 mai à Bamako, mais pas par les principaux groupes de la CMA.

"Le second document porte sur les arrangements sécuritaires pour une cessation des hostilités sur le terrain, en vue de créer les meilleures conditions de mise en ½uvre de l'Accord", précise le gouvernement.

Sur le terrain, aucune des sources ayant informé l'AFP des trois morts n'était en mesure de préciser si elles relevaient du banditisme ou de groupes armés, mais la CMA a revendiqué l'une des victimes comme un de ses sympathisants et incriminé les "milices pro-gouvernementales".

"Un civil a été assassiné mercredi non loin de la localité de Goundam", près de Tombouctou (nord-ouest), par des hommes armés qui circulaient en véhicule, a déclaré une source municipale contactée par téléphone de Bamako.

L'information a été confirmée par une source de sécurité étrangère qui a également annoncé "la mort par balle", jeudi à une trentaine de kilomètres au nord de Tombouctou, d'un autre civil d'une "quarantaine d'années".

 

- Combats pour Ménaka -

 

Par ailleurs, un transporteur routier de Ménaka (nord-est), Had Mahammed Ag Had Tijan, enlevé lundi par des hommes armés près de la ville, a été retrouvé "assassiné" mercredi, a affirmé à l'AFP un responsable municipal.

"c'était un homme sans histoire, très populaire à Ménaka, qui ne faisait pas de politique. Tous les camps avaient de l'admiration" pour lui, a ajouté ce responsable de la localité proche de la frontière nigérienne, assurant que la victime "n'avait pas d'ennemis connus".

La CMA a pour sa part accusé dans un communiqué "les milices pro-gouvernementales et leurs comparses du Mujao" de l'avoir enlevé à son domicile de Ménaka, puis abattu "froidement de 13 balles", après l'avoir précédemment frappé et dépossédé de ses deux véhicules le 29 mai.

Le communiqué fait ainsi référence aux forces pro-gouvernementales, dont la branche pro-Bamako du Mouvement arabe de l'Azawad (MAA) compte un grand nombre d'anciens membres du Mujao (Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest), qui se battent depuis plus d'un mois contre les rebelles pour le contrôle de Ménaka.

Le nord du Mali était tombé en mars-avril 2012 sous la coupe de groupes jihadistes liés à Al-Qaïda, dont le Mujao, après la déroute de l'armée face à la rébellion, d'abord alliée à ces groupes qui l'ont ensuite évincée.

Les jihadistes ont été dispersés et en grande partie chassés de cette région après le lancement en janvier 2013, à l'initiative de la France, de l'opération militaire "Serval" - relayée depuis août 2014 par l'opération "Barkhane", dont le rayon d'action s'étend à l'ensemble sahélo-saharien.

Mais des zones entières de cette vaste région désertique échappent encore au contrôle des autorités maliennes comme des forces internationales déployées depuis près de deux ans.

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