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Un soldat nigérian à Adamawa, le 10 mai 2015. REUTERS/Akintunde Akinleye
Un soldat nigérian à Adamawa, le 10 mai 2015. REUTERS/Akintunde Akinleye

La terreur instaurée par l'armée nigériane dans sa lutte contre Boko Haram

Des milliers de prisonniers faits par l'armée nigériane dans le nord du pays sont décédés en détention dans des conditions dramatiques.

Pour l'armée nigériane, la lutte contre Boko Haram justifie tous les moyens. C'est ce qui ressort de la lecture d'un rapport de l'ONG Amnesty International sur les crimes de guerre commis par les militaires dans le nord du pays dans le cadre de la lutte armée contre le groupe terroriste. 

Intitulé «Des galons aux épaules, du sang sur les mains», ce rapport révèle que, depuis mars 2011, plus de 7.000 jeunes hommes et jeunes garçons sont morts en détention militaire et que, depuis février 2012, plus de 1.200 personnes ont été tuées dans des conditions contraires à la légalité. Un bilan très lourd. Mais ce qui effraie peut-être encore plus que la froideur des chiffres dans l'enquête menée par Amnesty International, c'est la description des conditions de détention des prisonniers faits par l'armée nigériane.
 
 
Quasiment aucun détenu n'a été traduit en justice. Les garanties indispensables contre les risques d'homicide, de torture ou d'autres mauvais traitements ne sont jamais respectées. Les détenus sont placés au secret, dans des cellules bondées et sans aération ni installations sanitaires. Ils reçoivent très peu à manger et à boire. Beaucoup sont soumis à la torture. Des milliers sont morts de mauvais traitements et en raison des conditions de détention extrêmement pénibles qui leur sont imposées. «Tout ce que je sais, c'est qu'une fois que vous avez été arrêté par les soldats et emmené à [la caserne de] Giwa, votre vie est terminée», déclare un ancien détenu.
 
Un autre détenu qui a passé quatre mois à Giwa explique que les militaires accueillaient les prisonniers à leur arrivée en leur disant: «Bienvenue là où vous allez mourir. Bienvenue sur les lieux de votre mort.» Sur les 122 hommes avec qui cet ancien détenu avait été arrêté, seuls 11 avaient survécu. Les privations d'eau pendant 48 heures sont monnaie courante. «Parfois, on buvait de l'urine, mais il arrivait qu'on ne puisse même pas avoir d'urine.»
 
Les informations recueillies auprès d'anciens détenus et de témoins sont en outre corroborées par des sources militaires haut placées, selon l'ONG internationale. Un officier supérieur de l'armée nigériane a indiqué que les centres de détention ne recevaient pas suffisamment d'argent pour nourrir les détenus et que les prisonniers de la caserne de Giwa étaient «affamés, délibérément».

 

Slate Afrique

La rédaction de Slate Afrique.

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