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De Buhari 1985

Renversé en 1985 par un coup d'Etat militaire alors qu'il avait lui-même pris le pouvoir par la force deux ans plus tôt, Muhammadu Buhari revient aux affaires vendredi en étant investi président du pays le plus peuplé d'Afrique.

Voici six dates-clés qui ont ponctué les trente dernières années au Nigeria, désormais première puissance économique du continent:

 

- 23 juin 1993 : le régime militaire annule les élections. 

Le général Ibrahim Babangida, qui a renversé Buhari en 1985 et ancré le Nigeria dans la corruption, a finalement cédé aux pressions et organisé les élections promises depuis si longtemps. Mais quelques jours après le scrutin qui devait sceller le retour à un régime civil, il annule le vote. Il quittera le pouvoir trois mois plus tard, mais le régime militaire se perpétue jusqu'en 1999 sous la férule de Sani Abacha.

 

 

- 10 novembre 1995 : exécution de Ken Saro-Wiwa.

L'écrivain et militant écologiste Ken Saro-Wiwa avait mené une croisade pour empêcher la multinationale Shell de poursuivre ses opérations au pays Ogoni, dans le delta du Niger. Son mouvement Survie du peuple Ogoni dénonçait la ruine de la région au détriment de la population locale. Saro-Wiwa et huit militants de son mouvement sont accusés par le régime militaire du meurtre de quatre responsables ogoni pro-Shell. Procès-spectacle dénoncé par la communauté internationale, et au premier rang par le président sud-africain Nelson Mandela. Le Nigeria est suspendu du Commonwealth.

 

 

- 21 octobre 2005: accord sur la dette extérieure.

L'accord forgé sous l'administration du président Olusegun Obasanjo - élu en 1999 après quinze ans de régime militaire, puis réélu en 2003 - marque le retour du Nigeria dans la communauté économique et financière internationale. Principal créditeur, le club de Paris annule 60% des 30 milliards de dollars de la dette extérieure du pays. Même si la lutte anti-corruption s'étiole et si l'élan réformateur du président Obasanjo s'essouffle.

 

 

- 30 juillet 2009: Boko Haram sort de l'ombre après la mort de son fondateur.

L'obligation imposée aux motocyclistes de Maiduguri, dans le nord-est du Nigeria, de porter un casque met le feu aux poudres. Dénoncée comme non islamique, la mesure lance dans les rues les partisans de l'islamiste Mohammed Yusuf qui a fondé Boko Haram en 2002.

Arrêté avec des dizaines d'autres militants, Mohammed Yusuf est abattu par la police "lors d'une tentative d'évasion". Tournant dans l'histoire de cette "secte" islamiste qui a depuis semé l'horreur et le chaos dans le nord du pays, faisant plus de 15.000 morts et 1,5 million de déplacés. Spécialité du groupe, les enlèvements de masse dont ont été victimes plus de 2.000 femmes et jeunes filles depuis trois ans.

 

 

- 10 février 2013: les Super Eagles au zénith.

Dix-neuf ans que les footballeurs nigérians n'avaient plus connu le succès en Coupe d'Afrique des nations (CAN). Conduits par leur entraîneur Stephen Keshi, les Super Eagles s'imposent 1 à 0 contre le Burkina Faso et rapportent enfin le trophée à ce pays de 173 millions d'habitants fous de foot. Et à l'occasion font oublier les tensions entre musulmans du nord et chrétiens et animistes du sud, réunis autour du ballon rond.

 

 

- 1er avril 2015: l'opposant s'impose face au sortant.

Après trois tentatives infructueuses (2003, 2007 et 2011), l'ancien putschiste Muhammadu Buhari remporte l'élection présidentielle face au sortant Goodluck Jonathan. C'est la première fois depuis la fin des régimes militaires qu'une alternance démocratique est mise en place au Nigeria, qui a ravi en 2014 à l'Afrique du Sud le titre de première puissance économique de l'Afrique.

Nigéria

AFP

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